Patrimoine

L’aménagement d’une placette publique : un excellent moyen de mettre en valeur l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec #125 – Printemps 2016

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Au cours des derniers mois de l’année 2015, le sort de la percée visuelle sur l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec a attiré l’attention des médias et des élus. Plusieurs sont d’avis que les critères de développement pour l’espace vacant créé en 2011 à la suite de la destruction des bâtiments qui faisaient le coin de la rue Charlevoix et de la côte du Palais devraient prendre en considération la perspective qui en a résulté. La conseillère municipale Anne Guérette a par exemple proposé « de tenir compte de ce petit bijou qui nous est révélé [et de] travailler à établir des critères [de développement] pour s’assurer que cette percée visuelle sur la chapelle des Augustines soit conservée et mise en valeur dans le projet de reconversion ». L’intérêt patrimonial des lieux n’est d’ailleurs plus à prouver comme j’ai pu le montrer dans un volet précédent consacré à cette question (Cap-aux-Diamants, no 124, p. 33-34). Dans les circonstances, il appert que l’aménagement d’une placette publique serait le meilleur moyen de conserver cette perspective, en plus d’offrir de nombreux avantages corollaires.

Dans une ville accueillant plusieurs milliers de visiteurs par année et dont le tourisme représente un moteur économique important, il est d’intérêt général de mettre en valeur les bâtiments et les paysages les plus remarquables. Aménager une place publique au coin de la rue de Charlevoix et de la côte du Palais permettrait d’offrir un écrin à l’une des belles églises du Vieux-Québec tout en conférant une valeur ajoutée au projet sur lequel les Augustines ont travaillé au cours des dernières années pour donner une nouvelle vie à leur monastère. Ce qui fait le charme du Vieux-Québec ce sont, après tout, en grande partie ses places et ses parcs. En plus d’offrir un lieu de répit aux touristes et aux résidents, ils permettent de prendre du recul pour observer les environs et de se laisser ainsi séduire par la richesse de l’architecture des édifices environnants. On n’a qu’à penser aux visiteurs qui affluent vers le jardin des Gouverneurs et le parc Montmorency pour y profiter de la vue imprenable sur les environs et aux foules qui se rassemblent à place Royale et à place D’Youville lors des Fêtes de la Nouvelle-France et du Festival d’été pour s’en convaincre.

L’aménagement d’une place publique permettrait aussi d’ajouter un peu de verdure au sein d’un quartier où celle-ci se fait rare. La vieille ville compte certes quelques parcs (parc de l’Artillerie, parc de l’Esplanade, parc Montmorency, etc.), mais ceux-ci sont majoritairement en périphérie de ses artères passantes. Quelques arbres en face de l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec pourraient ainsi offrir un peu d’air frais et d’ombre aux badauds lorsque l’été se fait chaud et contribuer à lutter contre les îlots de chaleur urbains tout en purifiant l’air des environs. Plusieurs études attestent d’ailleurs que les espaces verts en milieu urbain ont un impact significatif sur la santé de ceux qui y vivent. Ils favorisent l’activité physique et améliorent la santé mentale publique comme l’a montré une équipe de chercheurs de l’École de médecine de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni).

Une placette publique devant cette chapelle conventuelle présenterait également l’avantage d’aérer un peu le tissu urbain relativement dense de la Haute-Ville et de créer un espace de vie unique. Comme le rappellent l’économiste Nicolas Véron et l’architecte Ricardo Bofill dans L’Architecture des villes (1995), « toute ville est, formellement, un assemblage de volumes pleins, d’immeubles et de constructions; mais symétriquement, ce sont les vides et non les pleins, les espaces urbains et non les volumes bâtis, qui définissent les lieux et orientent nos perceptions ». Ce sont dans ces espaces qu’évoluent résidents et touristes. C’est de là qu’émane la vie urbaine. Québec a donc tout intérêt à aménager une placette à cet endroit pour favoriser le retour de jeunes familles dans la vieille ville. En plus d’offrir un lieu de repos, de détente et de jeux pour les résidents des environs, pareille place pourrait accueillir diverses manifestations artistiques ou quelques producteurs agricoles désireux d’offrir leurs denrées aux citadins lors de la belle saison.

Il demeure toujours tentant pour une ville de rentabiliser les terrains dont elle dispose en y construisant des édifices qui généreront des taxes foncières. L’histoire montre toutefois qu’un parc ou une place publique bien situés peuvent souvent générer davantage de profits en participant à la revitalisation d’un quartier ou en y attirant touristes et résidents. Il n’est même pas nécessaire de consacrer l’ensemble du lot à une placette, à condition qu’une part significative capable de conserver cette percée visuelle sur l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec le soit. Si besoin est, une part du terrain peut en effet être vendue à un promoteur immobilier pour financer la création de pareille placette. Du moment que la ville saisit l’occasion d’offrir un écrin à ce précieux bijou patrimonial et de créer un espace de vie dans le Vieux-Québec, là est l’essentiel.

Alex Tremblay Lamarche

 

L’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec :
une perspective à mettre en valeur #124 – Hiver 2016

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Depuis le printemps 2011, les habitants de la Vieille Capitale redécouvrent avec plaisir la petite église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec. Sa jolie façade immaculée qui ne pouvait être vue que de la rue Charlevoix peut maintenant être admirée dans la côte du Palais. Paradoxalement, c’est le projet d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Québec – décrié par plusieurs protecteurs du patrimoine – qui a créé une percée visuelle sur les lieux en menant à la destruction du pavillon de l’enseignement de cet hôpital et d’un immeuble de location de voitures qui occultaient jusqu’alors la vue sur l’église bicentenaire. Cette nouvelle perspective, qui ne devait s’avérer que temporaire, s’offre maintenant aux passants depuis quatre ans en raison de l’abandon du projet d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu et amène à se poser des questions sur l’avenir du site devenu propriété de la Ville de Québec.

Il s’agit en effet d’une belle occasion de mettre en valeur un patrimoine riche et porteur de sens. Cette église rappelle la contribution des Augustines à la société québécoise et au développement de la médecine en Amérique du Nord. Construite entre 1800 et 1803, vraisemblablement d’après les plans de l’abbé Philippe Desjardins, aumônier de la communauté, cette chapelle conventuelle desservait jadis les Augustines, les malades et les citoyens. Elle évoque ainsi une époque où les chapelles monastiques faisaient office de succursales des églises paroissiales de la ville. La façade dépouillée de l’église est l’œuvre de Thomas Baillairgé. Après avoir créé le décor architectural des lieux et y avoir travaillé lui-même à titre de sculpteur – fait rare dans la carrière de l’architecte –, il s’attèle, dans les années 1830, à créer un nouveau portail davantage conforme au goût du temps. Baillairgé encadre ainsi la porte de pilastres ioniques surmontés d’une imposte vitrée et de deux oculi et dessine une corniche à modillons pour souligner la pente du toit. Le décor – très sobre – donne un esprit néoclassique aux lieux tout en faisant « penser aux petites églises paroissiales de la Nouvelle-France », au dire de l’historien Jean-Marie Lebel.

La valeur patrimoniale de l’endroit est d’ailleurs reconnue depuis 1961, date à laquelle l’église et 33 de ses biens mobiliers furent classés par la Commission des monuments historiques de la province de Québec. Depuis, le site patrimonial, l’aile du jardin, l’aile du noviciat et le chœur des religieuses ont également été classés et les Augustines travaillent à donner une nouvelle vie aux lieux tout en en mettant de l’avant leur valeur patrimoniale. En 2009, elles ont en effet créé la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, une fiducie d’utilité sociale qui a pour mandat d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine et de la mémoire de la communauté religieuse. Pour ce faire, les cellules des Augustines ont été reconverties en 65 chambres de type monastique afin d’offrir des séjours respectant l’esprit des lieux aux visiteurs désireux de trouver un havre de paix où ils pourront se ressourcer. La fiducie a également créé un musée pour mettre en valeur les quelque 40 000 objets accumulés durant près de quatre siècles par les religieuses et un centre d’archives qui contiendra à terme près d’un kilomètre linéaire de documents et de livres rendant compte de l’évolution des soins de santé depuis les débuts de la colonie. La percée visuelle créée en 2011 sur l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec constitue donc une occasion en or d’offrir un écrin digne de ce nom à l’initiative des Augustines.

En détruisant les bâtiments faisant le coin de la côte du Palais et de la rue Charlevoix, on a, sans le vouloir, créé un espace qui fait ressortir davantage cette chapelle conventuelle aux yeux des passants comme cela se fait ailleurs pour mettre en valeur des bâtiments remarquables. C’est ce qu’on fait les Gantois en vue de l’exposition universelle de 1913 pour embellir le centre historique de leur ville en dégageant le beffroi ainsi que les églises Saint-Nicolas et Saint-Bavon des maisons qui les enserraient. C’est également le principe qui a guidé l’action du baron Georges-Eugène Haussmann dans les travaux de modernisation qu’il a menés à Paris sous le Second Empire (1852-1870). En perçant le tissu urbain très dense de la Ville lumière de grands boulevards, il a créé de nouvelles percées visuelles sur différents monuments importants de la ville et les a ainsi ceinturés d’un écrin d’espace. On n’a qu’à penser à la perspective sur le Panthéon créée par le réaménagement de la rue des Gobelins ou à celle sur l’Opéra Garnier qu’offre l’avenue éponyme pour s’en convaincre. L’Europe est pleine de petites rues qui offrent un point de vue superbe sur ses éléments les plus remarquables. Pourquoi ne pas profiter de celui offert par un concours de circonstances sur la chapelle conventuelle des Augustines pour la mettre en valeur?

Alex Tremblay Lamarche

 

Victor Bourgeau et la professionnalisation du métier d’architecte au Québec au XIXe siècle #123 – Automne 2015

R2.2_nb_webAu début du XIXe siècle, la profession d’architecte n’en est encore qu’à ses débuts au Québec. Même si on compte plusieurs artisans de renom dessinant plans et devis et supervisant la construction d’édifices depuis le Régime français, il n’existe pas encore de formation stricto sensu et l’accès à la profession est encore bien loin d’être contrôlé. Ceux qui aspirent à pratiquer ce métier se tournent donc la plupart du temps vers un maître sous la tutelle duquel ils peuvent s’initier aux techniques de dessin et se familiariser autant avec le chantier de construction qu’avec l’atelier de création. Ces maîtres sont tantôt sculpteurs ou architectes, tantôt entrepreneurs en construction ou charpentiers. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir plusieurs architectes émerger de familles œuvrant dans le domaine de la construction puisqu’ils peuvent y bénéficier de l’expérience d’un père ou d’un oncle dès leur jeune âge. C’est le cas de Thomas Baillairgé (1791-1859), mais aussi de Victor Bourgeau (1809-1888). Alors que le premier grandit au sein d’une famille d’architectes et de charpentiers très active dans la région de Québec depuis le milieu du XVIIIe siècle, on retrouve le second apprenti menuisier et charpentier pour le compte de son oncle paternel dans les chantiers de Lavaltrie. Tous deux réussissent également à s’imposer dans leur milieu grâce à leurs bonnes relations avec les autorités cléricales. Le premier bénéficie de la protection du supérieur du Séminaire de Québec, Jérôme Demers; le second jouit de celle de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal de 1840 à 1876. Toutefois, alors que l’œuvre des Baillairgé a fait l’objet de plusieurs monographies, celle de Victor Bourgeau demeure beaucoup moins documentée. En 1950, ce dernier apparaît même comme « un illustre inconnu » pour l’historien de l’art Gérard Morisset. Pourtant, ce dernier considère que « la place qu’occupe Victor Bourgeau dans l’architecture de la région montréalaise au milieu du XIXe siècle […] est la même que tient Thomas Baillargé (sic) dans l’architecture de la région québécoise » et que « cette place est la première » (La Patrie, 7 mai 1950, p. 26).

Si la connaissance asymétrique de ces deux architectes s’explique en partie par une documentation plus riche sur le premier que le second (les Baillairgé ayant laissé plusieurs mètres de documents aux archives nationales), le parcours de Bourgeau n’en demeure pas moins intéressant pour comprendre la professionnalisation du métier d’architecte au XIXe siècle. En effet, il comprend rapidement qu’il a tout intérêt à s’installer à Montréal dans les années 1830 pour y profiter de l’essor économique que commence à connaître la ville. Comme bon nombre d’autres architectes de cette époque, on connaît peu sa formation et celle-ci semble être le résultat d’une multitude d’expériences différentes. La tradition orale raconte ainsi qu’il aurait appris le dessin auprès du peintre italien Angelo Pienovi peu après son arrivée à Montréal et qu’il aurait bénéficié du mentorat de l’architecte montréalais John Ostell. La parenté du style des deux architectes et leurs liens réciproques avec l’évêque de Montréal concourent d’ailleurs à étayer cette hypothèse.

Les architectes du XIXe siècle voient aussi les styles néoclassiques et néogothiques s’imposer au Québec. Au contact des Britanniques et des Américains venus s’installer dans la province et des traités d’architecture qui commencent à y circuler de plus en plus, ils renouvellent leur style. Les clochers de plan octogonal ou circulaire à deux tambours superposés et surmontés d’une flèche et les façades écrans des églises de Bourgeau s’inspirent ainsi des traités d’architecture des Américains Benjamin Henry Latrobe et Minard Lafever. Les plans de la cathédrale de Trois-Rivières, quant à eux, témoignent d’une parenté manifeste avec l’église londonienne St. Luke. Bourgeau puise donc à foison dans l’architecture britannique et américaine comme nombre de ses contemporains tout en adaptant les modèles qui lui plaisent à la tradition architecturale québécoise.

La carrière de Bourgeau permet également de comprendre l’importance de connaître le monde de la construction et de se doter d’un bon réseau chez les architectes québécois du XIXe siècle. Comme le souligne Luc Noppen dans le Dictionnaire biographique du Canada, c’est en grande partie « l’architecte pratique, adepte des solutions logiques et déjà expérimentées » qui est capable de s’inscrire dans la tradition architecturale qui plaît à Mgr Bourget et amène ce dernier à faire de Bourgeau le principal architecte du diocèse de Montréal. Ce dernier profite ainsi de la volonté de l’évêque d’affirmer la place des francophones dans la ville en construisant couvents, écoles, églises et autres bâtiments religieux dans un style distinct de celui des bâtiments de la communauté anglo-protestante. Encore une fois, Bourgeau puise dans des modèles étrangers pour développer un vocabulaire architectural néobaroque. Il se tourne cependant cette fois-ci du côté de Rome pour bien marquer le caractère catholique des bâtiments dont il signe les plans. La plupart des églises que Bourgeau érige après 1865 sont d’ailleurs inspirées de ce style selon Luc Noppen. Celles-ci « reprennent le modèle simplifié de Saint-Pierre de Rome avec voûte à caissons, traitée de manière large, nef divisée par une colonnade en trois vaisseaux et retable simple, intégré à l’architecture, qui laisse la place pour l’érection d’un baldaquin, élément baroque par excellence ».

Le 1er mars 1888, lorsque Bourgeau s’éteint, La Minerve rapporte que c’est « le doyen des architectes de Montréal » qui trépasse par le fait même. L’accès au métier d’architecte n’est toujours pas contrôlé (il ne le sera qu’en 1898, huit ans après la création de l’Association des architectes du Québec, en 1890) et la première école d’architecture n’a toujours pas vu le jour (elle n’ouvrira ses portes que quelques années plus tard, à l’Université McGill, en 1896). Toutefois, le métier s’est considérablement professionnalisé sous l’impulsion d’architectes soucieux de s’imposer face à leurs collègues américains lors de la distribution de gros contrats au Québec. Les apprentis regardent ainsi de plus en plus vers l’étranger pour parfaire leur formation et la frontière entre l’entrepreneur en construction et l’architecte a continué à s’accentuer. Une formation en génie civil est également accessible aux Montréalais depuis 1856 à l’Université McGill et 1873 à l’École polytechnique de Montréal. Le métier d’architecte se professionnalise donc tout au long du XIXe siècle comme en témoigne le parcours de Victor Bourgeau. Depuis le début de l’été, il est aussi possible d’en apprendre plus sur le personnage et la pratique du métier d’architecte à son époque en se rendant à la maison Rosalie-Cadron, à Lavaltrie. Une exposition intitulée « Victor Bourgeau, grand bâtisseur » y est présentée jusqu’au 15 octobre 2015.

Alex Tremblay Lamarche

Une époque : deux historien! 

Père jésuite François-Xavier ou Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761) et Marcel Trudel (1917-2011). 

– #122 – été 2015

r-2-a-Image numérisée_webLa Nouvelle-France, dès ses débuts, a été choyée par des historiens explorateurs eux-mêmes comme Jacques Cartier et Samuel de Champlain, par un missionnaire devenu historien par seconde vocation tel le père jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix et enfin, au cœur du XXe siècle, par l’historien universitaire Marcel Trudel.

Nous aborderons d’abord le cas de Charlevoix qui s’est vu confier, à la fois par ses supérieurs jésuites de la province de Paris et par le roi de France, la mission de rédiger l’histoire générale de la Nouvelle-France à partir de la vaine tentative d’établissement en Floride française.

Précisons d’abord que Charlevoix, dans sa tâche, s’est avéré un esprit universel; outre ses descriptions historiques, détaillées et précises, il fait preuve de remarquables dons de naturaliste; en effet, son quatrième volume sur la Louisiane a été agrémenté de 48 planches botaniques de la région du fleuve Mississippi, chacune complétée par un commentaire parfois élaboré, avec des comparaisons relatives à des plantes similaires d’autres régions ou d’autres continents et comprenant des références éventuelles à d’autres auteurs.

Ses talents ne s’arrêtent pas là, car les mammifères et l’avifaune de l’Amérique du Nord sont traités par de splendides dessins au trait, cependant moins achevés que ses planches botaniques. On notera toutefois que certains animaux, comme le bœuf musqué et le renard blanc ou isatis, sont absents des descriptions du père Charlevoix. Des lacunes analogues plus conséquentes sont à souligner dans le domaine des cétacées et des batraciens.

Cependant, les honorables contributions du père Charlevoix dans le domaine des sciences naturelles ne sont finalement que des enrichissements bienvenus à l’œuvre historique majeure de l’auteur qui surclasse tout le reste. On peut présumer que, à l’occasion de ses retours en France, le père Charlevoix a reçu l’aide compétente des botanistes parisiens pour la détermination et la description de ses planches à partir des nombreux échantillons qu’il rapportait avec lui!

Si l’on se tourne maintenant vers le second grand historien de la Nouvelle-France, Marcel Trudel (que j’ai eu comme professeur à l’Université Laval dans les années 1950), on change de siècle, de région et de sujet. Le mode d’écriture est d’ailleurs fort différent, car le père Charlevoix écrivait de façon très classique, conformément aux règles du français du XVIIe siècle, avec une langue souvent directe touchant aux réalités du Nouveau Monde. Par exemple, Charlevoix utilise habituellement le mot « sauvage » pour désigner les indigènes de la Nouvelle-France, alors que Marcel Trudel s’interdit d’utiliser ce terme pour employer de préférence l’appellation propre de chacune des tribus. Charlevoix, quant à lui, n’hésite pas à parler de la cruauté des Iroquois, qu’il nomme toutefois. Marcel Trudel utilise un langage universitaire précis, mais sans fantaisie et sans la spontanéité qui est propre à la langue de Charlevoix.

Marcel Trudel n’est pas naturaliste, tant et si bien que la flore et la faune ne sont pas abordées dans ses volumes ou l’histoire est reine et maîtresse absolue; l’incontestable supériorité des traités de Marcel Trudel réside dans la richesse de sa bibliographie et de son appareil d’information. Par contre, quiconque a l’occasion de consulter dans le texte les volumes de Charlevoix constate qu’il se dégage de ceux-ci une sincérité et une vérité dans l’exposé des diverses situations. On sent dans les écrits de Charlevoix une estime évidente pour Louis de Buade, comte de Frontenac, qui a été un très grand serviteur de la France et l’on ne peut que regretter la déréliction relative dans l’histoire de la France d’Europe et de la France d’Amérique. Il est peut-être consternant de noter qu’un grand et bel hôtel porte son nom, construit à l’endroit même où Frontenac a exercé son autorité. On peut regretter également que Marcel Trudel ignore pratiquement l’événement de la Floride française pour se concentrer au premier chef sur l’Acadie et Terre-Neuve.

En ce qui concerne la cartographie et la toponymie des deux auteurs, la comparaison est nettement favorable au père Charlevoix. Marcel Trudel, pour sa part, ne présente qu’un nombre réduit de cartes complétées par une toponymie résolument moderne (ce n’est pas un reproche). Les cartes de ce dernier présentent, en général, une toponymie réduite à l’essentiel. Incorporées dans ses volumes, elles ont toutes, de ce fait, la même dimension.

Les cartes et les plans de Charlevoix constituent un monde à part. Ce sont tous des documents hors textes dessinés de main de maître, dans les ateliers parisiens auxquels l’auteur avait recours lors de ses séjours hivernaux en France. Ces cartes et ces plans, très nombreux et précis, tous en noir sur blanc selon la coutume de l’époque, ne peuvent être comparés aux illustrations modernes de Marcel Trudel.

Dernier fait à souligner, les cartes et les plans issus des recherches de terrain de Charlevoix ont tous des dimensions différentes et sont plus grandes que les cartes aux plans uniformes de Trudel.

L’intérêt prodigieux des ouvrages remarquables de Pierre-François-Xavier de Charlevoix fait que cette œuvre, au total, a quelques longueurs d’avance sur les travaux modernes de Marcel Trudel.

Au terme de ces réflexions comparatives, on ne peut que souhaiter ardemment une réédition fidèle de l’œuvre pratiquement oubliée de Charlevoix pour le plus grand bénéfice des étudiants et des professeurs en histoire et du grand public cultivé au Québec qui se trouvent présentement privés de cette incomparable source de l’histoire de la Nouvelle-France.

Il convient de signaler qu’aucun des deux auteurs n’a fait allusion à la géologie des régions dont il décrit l’histoire. Cela pourra sembler normal pour Trudel, mais peut-être un peu étonnant pour Charlevoix, dont les textes naturalistes sont nombreux et revêtent un intérêt certain.

 

Michel Brochu

 

La création du premier club de crosse francophone de Québec : reflet des tensions ethniques? – #121 – printemps 2015

r-2-b-18820216 Opinion publique (Partie crosse)Au milieu du XIXe siècle, la plupart des activités sportives pratiquées au Québec sont le fait des élites anglophones. En effet, depuis la Conquête, les militaires et les marchands britanniques œuvrant dans la colonie ont introduit plusieurs sports (courses de chevaux, cricket, curling, etc.) afin d’occuper leurs temps libres et de favoriser une sociabilité masculine élitaire. Bien que la plupart de ces activités viennent d’Angleterre, certaines sont empruntées aux Autochtones, puis transformées par les notables anglo-protestants afin de les modeler à l’image des sports d’équipe britanniques. C’est le cas de la raquette et de la crosse. Même si la crosse est pratiquée occasionnellement par des Blancs depuis les années 1830, ce n’est qu’à partir des années 1850 qu’un réel engouement pour ce sport naît chez les élites anglo-protestantes. En effet, un premier club (The Lacrosse Club of Montreal) est créé en 1856 alors que les premières règles régissant ce sport sont publiées en 1860 par le dentiste montréalais George William Beers. Rapidement, ce sport acquiert une grande popularité. De nombreux clubs voient le jour un peu partout au Canada tant et si bien que la crosse gagne la réputation d’être le « sport national du Canada ».

La crosse devient également de plus en plus populaire chez les Canadiens français. Le 7 juillet 1868, le Journal de Québec rapporte que « le jeu de Crosse, longtemps inconnu à Québec, tend à y devenir populaire. Depuis ce printemps, l’on ne voit plus les jeunes gens s’amuser comme jadis; la toupie est enfoncée, le jeu de balle chôme; enfin, la Crosse triomphe sur toute la ligne, et avant peu, ce sera le jeu national ». Bien que ce sport soit pratiqué par certains Canadiens français à cette époque de façon informelle et peut-être au sein de clubs anglophones, ce n’est qu’en 1860 qu’une première équipe contenant vraisemblablement plusieurs francophones voit le jour au collège Sainte-Marie, à Montréal. La pratique du sport commence alors peu à peu à s’implanter dans les collèges classiques qui en font une composante de l’éducation religieuse.

Il faut cependant attendre en 1868 pour qu’un premier club canadien-français (le Club Champlain) soit créé. C’est à Québec qu’il voit le jour sous l’impulsion d’un groupe de jeunes notables franco-catholiques. La ville compte alors déjà quelques clubs anglophones (pensons entres autres au Crescent, au Stadacona Lacrosse Club et au Quebec Lacrosse Club) et, vraisemblablement, même un club irlandais (l’Emerald Lacrosse Club). Toutefois, selon le Journal de Québec, il s’agit du premier club « composé exclusivement de canadiens-français ». Ses membres, majoritairement âgés de 17 à 21 ans, sont pour la plupart célibataires et habitent toujours chez leurs parents. Certains sont avocats, marchands, commis, apothicaires ou médecins. D’autres sont encore aux études. Plusieurs membres sont également liés entre eux. On n’a qu’à penser aux quatre frères Évanturel (Alfred, Arthur, Aurez et Gustave) ou aux nombreux membres de la famille Gingras pour s’en convaincre.

La création de ce club de crosse révèle plus qu’une simple volonté de se doter d’une équipe sportive pour affronter les meilleurs joueurs anglo-protestants et irlandais. En effet, elle s’inscrit dans un contexte d’affirmation des notables franco-catholiques de Québec. Avec le déclin du commerce du bois et de la construction navale, la perte définitive du statut de capitale fédérale et le départ de la garnison britannique, une nouvelle élite francophone s’impose dans la ville. Ces notables désirent désormais avoir leurs propres institutions et associations. Ils se dotent ainsi d’une association promouvant la défense de l’identité canadienne-française en 1842 (la Société Saint-Jean-Baptiste), d’un lieu de débat et de conférence en 1848 (l’Institut canadien de Québec) et d’une société littéraire francophone (la Société Casault). Il en va de même chez les Irlandais qui créent leurs propres associations de sociabilité (St. Patrick Catholic and Literary Institute, Young Irishmen’s Association, etc.) et de charité (Quebec Hibernian Benevolent Society).

La création d’une équipe de crosse francophone permet donc de transposer les rivalités ethniques sur le terrain. Ainsi, dès le début du mois de juillet 1868, le Club Champlain, qui compte alors « à peine un mois d’existence » est appelé à se mesurer aux douze meilleurs joueurs du Crescent dans un tournoi de cinq parties devant se dérouler sur l’Esplanade. Les deux premières parties, le 6 juillet, se soldent par des victoires du Club Champlain. La troisième, le 8 juillet, est remportée par les membres du Crescent. La tension est donc à son comble le 9 juillet pour la partie suivante et, rapidement, la joute dégénère en raison de l’agitation de la foule. L’Événement rapporte que les partisans de chaque équipe manifestaient « un trop grand désir de favoriser les joueurs dont ils avaient adopter [sic] la cause aux dépens de ceux dont le succès les offusquait » et qu’on « retenait la balle, ou on la lançait adroitement sur la crosse du joueur ami ». Le tumulte est si grand que les joueurs des deux équipes décident d’interrompre le tournoi puisqu’ils jugent que « le public n’est pas assez calme pour assister de sang-froid à ces luttes entre joueurs de nationalités différentes ». Toutefois, après la partie, les joueurs du club francophone remercient le président et le secrétaire de l’équipe adverse « pour l’amabilité et la courtoisie qu’ils ont montré [sic] à [leur] égard [et les deux juges anglophones] pour l’impartialité et la justice dont ils ont fait preuve pendant tout le concours ». Qui plus est, « les deux clubs amis » fraternisent lors d’un banquet organisé par le Club Champlain. L’antagonisme entre les partisans de chaque équipe n’est donc pas partagé – du moins dans la même mesure – par les joueurs. Si les spectateurs peuvent être issus de toutes les classes sociales puisqu’on peut aisément accéder à l’Esplanade, il n’en va pas de même pour les joueurs. En effet, à cette époque, les sports tels que la crosse se pratiquent au sein de clubs essentiellement réservés à l’élite puisqu’il faut disposer de ressources financières suffisantes pour payer sa cotisation (1 piastre dans le cas du Club Champlain) et son équipement. On peut donc conclure que les tensions ethniques varient en fonction de la classe sociale.

Alex Tremblay Lamarche

Le domaine de la pointe de Saint-Vallier au temps de Murval – #120 – hiver 2014

Arthur Amosassis sur la main courante du manoir dans les années 1930. (Collection Héritage canadien du Québec)

Arthur Amos assis sur la main courante du manoir dans les années 1930. (Collection Héritage canadien du Québec)

 À la pointe de Saint-Vallier, sur la Côte-du-Sud, se dresse un domaine mythique bien connu des Vallierois depuis quelques siècles, mais encore inconnu de la plupart des amateurs d’histoire et de patrimoine. Ce domaine, jadis nommé « Murval » en raison du long MUR soutenant une imposante terrasse s’avançant dans le fleuve à la pointe nord-est des lieux et de sa localisation à Saint-VALlier, fut autrefois un haut lieu de villégiature. On raconte même que le titre d’un des romans d’Anne Hébert, Les Chambres de bois (1958), serait inspiré des chambres du rez-de-chaussée du manoir qui s’y trouve.

Bien que le site soit concédé à un cultivateur dès 1712, ce n’est vraisemblablement qu’après le milieu du XVIIIe siècle qu’une première maison y est érigée. Après avoir été la possession d’une série de familles paysannes de la paroisse pendant une centaine d’années, le site devient, en 1809, la propriété de l’un des coseigneurs des lieux, Xavier-Roch Tarieu de Lanaudière. En effet, ce dernier profite du droit de retrait seigneurial prévu dans l’acte de concession d’origine pour mettre la main sur cette propriété sise à un endroit exceptionnel tant par le panorama large qu’elle offre sur les environs que par sa localisation à la confluence de la rivière des Mères et du fleuve. Tarieu de Lanaudière n’a toutefois pas le temps de jouir longtemps de sa propriété puisque ses fonctions d’officier de milice le tiennent fort occupé en raison de la tension de plus en plus palpable avec les États-Unis. En 1812, il vend donc le domaine à ses sœurs Agathe et Marguerite qui fréquentaient déjà les lieux. Alors que Marguerite passe une partie de l’année à Québec où elle côtoie la bonne société, Agathe semble y habiter en permanence avec quelques domestiques. Leur neveu Philippe Aubert de Gaspé rapporte d’ailleurs dans ses Mémoires que même la « terreur » qui régnait dans les campagnes parmi « les personnes riches ou censées l’être » dans les années 1830 lorsque les frasques de la bande à Chambers défrayaient la manchette ne réussit pas à éloigner Agathe des lieux. Aubert de Gaspé ajoute même que sa tante gardait une paire de pistolets sur sa table de chevet pour se défendre en cas d’attaque!

Au décès des sœurs Tarieu de Lanaudière (1838 et 1856), le domaine passe entre les mains d’une série de propriétaires qui souhaitent en faire une résidence d’été. Plusieurs améliorations sont apportées au domaine. Pensons notamment à l’immense terrasse que fait construire le notaire Félix-Alphonse Larue, propriétaire des lieux de 1906 à 1912, à la pointe nord-est du domaine entre 1908 et 1910 et à la chapelle qu’il érige à la même époque. C’est toutefois la famille d’Arthur Amos et Mathilde Beaudry qui en change le plus l’apparence au XXe siècle. En 1922, au retour d’une balade en voiture à Kamouraska, ses membres découvrent la propriété et tombent sous le charme des lieux. C’est le début d’une longue histoire d’amour entre cette famille et Murval. Pendant 85 ans (de 1923 à 2008), les Amos viendront y passer leurs étés. Fait intéressant, c’est Mathilde Beaudry et non son époux qui se porte acquéreuse de la propriété. Bien que son mari soit à la tête du service hydraulique de la province, c’est l’héritage de madame qui permet d’acheter Murval. En effet, elle jouit d’une rente annuelle de 6 000 dollars versée par la succession de son père, riche homme d’affaires ayant fait fortune aux États-Unis.

Dans son ouvrage sur le domaine, le chercheur Yves Guillet rapporte que, au cours des années 1920 et des années 1930, les Amos apportent plusieurs modifications au domaine. Après avoir ajouté une aile destinée à servir de cuisine d’été, fait installer l’électricité et construit des salles de bain adjacentes aux chambres, ils transforment le marécage devant le manoir en un terrain de tennis et de croquet, aménagent les jardins et ensemencent le petit lac situé près de la maison avec 180 truites. En 1931, les Amos inaugurent même un golf de neuf trous sur le domaine!

À la fin des années 1940, l’entretien du domaine devient toutefois lourd à supporter pour la famille avec le vieillissement des époux Amos. En 1948, le golf reste en friche pour une première année. On n’y reçoit probablement plus autant après le décès de Mathilde (1948) et d’Arthur (1950). On privilégie désormais de nouveaux matériaux qui se veulent plus pratiques, durables et faciles d’entretien et on démolit certains pavillons pour faciliter l’entretien du domaine. Les enfants de Mathilde et d’Arthur continuent toutefois à profiter des lieux, mais vieillissent eux-mêmes et peinent à s’occuper d’un domaine si grand. En 1999, ils cèdent donc la propriété à deux fondations privées : l’Héritage canadien du Québec reçoit les bâtiments et les terres alors que Conservation de la nature Canada acquiert les lots de grève et assure la gestion des terres. Depuis, il est possible de visiter les lieux entre juin et septembre et de se laisser charmer tout comme Mathilde Beaudry par « ses sites enchanteurs vus de la grande terrasse s’avançant au-dessus des rochers comme une proue de navire sur la mer ».

Alex Tremblay Lamarche

Monique Duval, pionnière de l’histoire de la ville de Québec – #119 – automne 2014

 119.r2 « Notre monument historique ». C’est en ces termes que Denis Vaugeois parlait de Monique Duval, décédée le 29 mai 2014, à l’âge de 89 ans. Elle laisse un grand vide dans le milieu de l’histoire et du patrimoine de Québec car jusqu’à la fin, elle possédait une mémoire phénoménale, au point où bon nombre d’historiens savaient qu’ils avaient de fortes chances de trouver auprès d’elle réponse à bien des questions en un simple coup de fil! Au cours de sa longue carrière, Monique Duval a tenu d’innombrables chroniques, faisant œuvre de pionnière tant dans l’histoire de la ville de Québec que dans le monde du journalisme féminin. Sans se considérer féministe, elle n’en a pas moins fait concrètement avancer la cause des femmes en abolissant des frontières dont, paradoxalement, elle n’avait même pas conscience. Pour elle, il lui semblait simplement normal de faire ce travail, peu importe son sexe.

Jeune collégien, j’ai eu la chance de faire sa connaissance alors que je travaillais sur une murale visant à honorer dix personnalités méconnues de Québec au collège François-Xavier-Garneau. Je cherchais alors des descendants de chacun afin de les inviter à l’inauguration du projet et un ami m’avait suggéré de contacter Monique Duval en me disant qu’elle connaissait tout le monde à Québec. En moins de dix minutes, et avec un enthousiasme communicatif, elle m’avait fourni le nom de descendants d’Eugène-Étienne Taché, d’Arthur Buies, de Cyrille Duquet et j’en passe.

Née dans la paroisse Saint-Roch, le 23 décembre 1924, Monique Duval grandit rue Saint-François, au sein d’une famille bourgeoise de Québec. Son père, Arthur Duval, est le notaire de l’Hôtel-Dieu de Québec et enseigne le droit administratif et scolaire à l’Université Laval. Sa mère, Gabrielle Chalifour, est quant à elle issue d’une famille d’industriels de la paroisse. Après avoir acquis les manières d’une jeune fille de bonne société au pensionnat Saint-Roch, elle suit quelques cours en tant qu’auditrice libre à l’Université Laval. Il n’est alors pas question qu’elle poursuive des études supérieures en vue de se trouver un emploi. De son propre aveu, « [s]on père aurait été humilié de savoir que ses filles travaillent ». Malgré cela, devant son intérêt pour l’écriture, sa mère lui suggère de se tourner vers le journalisme. Grâce à la réputation de son père, elle réussit à se faire engager à L’Événement, en 1954, d’abord comme secrétaire, puis comme journaliste. En 1959, elle est ensuite embauchée au Soleil où elle demeure jusqu’à sa retraite, en 1988. Au Soleil, elle reçoit différentes affectations : chroniques culturelles, affaires universitaires, reportages à l’étranger, etc.

Au cours des années 1970 et 1980, elle en vient à se consacrer essentiellement à l’histoire et au patrimoine de Québec avec une rubrique paraissant chaque mercredi intitulée « Hier et aujourd’hui » et une chronique hebdomadaire sur l’histoire des rues de la ville. Pour ce faire, elle fouille dans quelques ouvrages généraux et parcourt les travaux de Pierre-Georges Roy mais, surtout, a recours à son large réseau de contacts puisque peu d’auteurs s’étaient encore intéressés à l’histoire de la ville à l’époque. Ses articles éveillent ses concitoyens, voire même certains historiens, à la richesse de leur patrimoine. Jean-Marie Lebel, grand spécialiste de l’histoire de Québec, raconte que peu de chercheurs à l’Université Laval se penchaient sur le sujet lorsqu’il était aux études. On s’intéressait plutôt à Montréal ou à l’histoire de la province de manière plus générale. L’histoire de la ville était alors le fait de quelques érudits réunis autour de la Société historique de Québec et de quelques rares historiens issus du milieu universitaire. Monique Duval a donc véritablement fait œuvre de pionnière dans ce domaine. Qui plus est, elle s’engagea activement au sein de la Société historique de Québec dont elle fut responsable des conférences pendant de nombreuses années et présidente en 1988 et 1989. Au tournant des années 1990, elle partage également ses connaissances sur l’histoire de la ville avec les lecteurs de la revue Cap-aux-Diamants  à qui elle offre plusieurs articles relatant souvenirs personnels et anecdotes savoureuses.

Au fil du temps, elle avait établi un réseau de contacts privilégiés de personnalités importantes de Québec, ce qui lui avait donné accès, par le fait même, à plus d’un siècle de souvenirs, de glanures, d’anecdotes… Elle avait eu la chance d’entendre Arthur Rubinstein, Édith Piaf, Elisabeth Schwarzkopf et Yehudi Menuhin à Québec, elle habitait le même immeuble que Gabrielle Roy, elle connaissait bien Jean Bruchési, ancien secrétaire provincial, et elle a rencontré quantité d’autres personnalités. Qui plus est, grâce à ses bonnes relations avec Raoul Tessier, responsable des relations publiques du Château Frontenac, elle est entrée en contact avec des dizaines de visiteurs de marque venant de partout dans le monde dont elle gardait un vif souvenir qu’elle prenait plaisir à partager. Monique Duval a ainsi contribué à conserver la mémoire de toute une époque. Plusieurs historiens recouraient d’ailleurs encore à son impressionnante mémoire au cours des dernières années et elle se faisait toujours un plaisir de leur répondre avec beaucoup d’entrain. Le musicologue Bertrand Guay raconte qu’en voulant identifier un journaliste de L’Événement signant de ses initiales P.-A.A., il s’était tourné vers elle, et avait obtenu la réponse suivante : « Je suis pas ben bonne avec les initiales, mais Paul-André Audet te dirait ça, lui ». Paul-André Audet… Tiens donc! P.-A.A.! Plus tard, le musicologue l’avait rappelée pour savoir à quel nom de famille pouvait bien correspondre celui d’une autre journaliste signant Germaine B. Alors absente, elle le rappela peu après et sitôt après avoir décroché l’appareil, il l’entendit dire avec son énergie coutumière : « Tu l’aurais pas trouvé : Bundock, Germaine Bundock! ».

Au cours des dernières années de sa vie, elle avait délaissé l’histoire. Le bridge et la musique occupaient tous ses loisirs. Mélomane avertie, elle avait un goût marqué pour Mozart et les adagios de Mahler. Selon ceux qui l’ont côtoyée, c’était une femme d’un grand raffinement, mais qui n’en avait pas moins son franc-parler. Quand on lui demandait quand elle comptait écrire ses mémoires, elle répondait que si elle s’était livrée à cet exercice, elle aurait été obligée de dire du mal de quelques personnes et que des mémoires où on dit du bien de tout le monde, « c’est plate »…

Alex Tremblay

« À présent des [Français] on prend le goût, l’usage » : la francophilie des élites canadiennes-françaises au tournant du XXe siècle – #117 – printemps 2014

Raoul Dandurand vers1900

Raoul Dandurand vers1900

 Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’intérêt pour la France croît sensiblement au Québec. Bien que les liens avec la France n’aient jamais été rompus depuis la Conquête, après le passage de La Capricieuse (1855), le regard des élites canadiennes-françaises se tourne de plus en plus assidûment vers leur ancienne métropole. On s’en inspire lors de la création de nouveaux établissements d’enseignement supérieur, on en cherche la reconnaissance littéraire et on développe des relations diplomatiques avec ce pays. Les voyages de Canadiens français en France se font de plus en plus fréquents et la présence française au Québec s’accroît. L’immigration française augmente sensiblement dans le dernier tiers du XIXe siècle alors que bon nombre de musiciens et de comédiens en provenance de l’Hexagone contribuent à faire connaître la culture de leurs pays au Québec. Dans ce contexte, plusieurs Canadiens français développent un vif intérêt pour la culture française et la francophilie devient un symbole d’appartenance aux élites.

La culture de l’Hexagone rayonne tant au Québec qu’elle pousse les notables les plus francophiles à insérer les Français, installés dans la province ou simplement de passage, dans leur réseau de sociabilité, voire à leur donner une place prépondérante au sein de celui-ci. Ainsi, dès l’arrivée d’un consul français au Québec, en 1859, sa résidence devient un lieu de rendez-vous prisé par les élites de la ville de Québec. Selon Pierre Savard, « tout ce que la société de la ville de Québec compte de beaux esprits, les Parent, les Garneau, les Ferland, les Chauveau, les La Rue, les Casgrain et les Taché » se retrouvent chez le consul Charles-André-Philippe Gauldrée-Boileau. Ses successeurs – sauf exception – connaissent le même succès : Albert Lefaivre (en poste de 1875 à 1881) noue de nombreuses amitiés avec des personnalités canadiennes, Georges Dubail (en poste de 1886 à 1890) réussit à réunir certaines des personnalités les plus en vue de l’époque autour de lui pour fonder la Chambre de commerce française de Montréal en 1886 alors qu’Alfred Kleckowski (en poste de 1894 à 1906) est considéré par l’Université Laval comme un précieux « ami » et reçoit de cette institution un doctorat honoris causa, le 18 juin 1900.

Plus qu’une simple mode, la francophilie devient également un symbole d’appartenance aux élites au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. À l’époque, il est de bon ton de connaître la France pour briller dans les salons. Dans son journal, la femme de lettres Joséphine Marchand rapporte que « comme j’aime l’étude et que je suis les évènements politiques de mon pays et de la France, je constate que les personnes instruites aiment assez à causer avec moi ». Ainsi, lorsqu’elle rencontre pour la première fois le jeune avocat Raoul Dandurand, elle lui demande s’il s’intéresse « aux choses de la France », condition nécessaire, semble-t-il, pour être véritablement digne d’intérêt à ses yeux. Puis, pour lui prouver qu’elle s’inscrit aussi dans cette culture, elle lui signale qu’elle lit les journaux français que son père reçoit.

L’attrait pour la France devient même un facteur distinctif permettant de départager d’une part, les élites et, d’autre part, le peuple. Pour Raoul Dandurand, « la masse [populaire] n’a gardé qu’un sentiment platonique pour le pays de ses origines » et il ne peut pas « lui reprocher cette absence ou cet affaiblissement de sentiment » pour la France, car celle-ci « l’a complètement abandonné ». Les élites, cependant, se doivent de s’inscrire dans une culture élitaire au sein de laquelle la France constitue un idéal, un modèle à atteindre pour être digne de son rang afin de se démarquer de la « pensée populaire » : « Notre état colonial et notre modeste situation poussent une élite à se retourner vers la France pour y puiser tout ce qui lui manque ici ». La francophilie devient donc un facteur permettant de jauger de l’appartenance aux élites.

Dans ce contexte, il importe de tenir compte de cet intérêt pour la France dans l’éducation offerte aux notables de demain. Déjà, dans la seconde moitié du XIXe siècle, quelques personnes aisées font bénéficier leurs enfants de leur abonnement à des journaux français et les encouragent à cultiver un amour pour la France. C’est toutefois dans le premier tiers du XXe siècle que l’amour de ce pays est largement intégré dans l’éducation des jeunes élites. En 1917, Raoul Dandurand affirme même que « toute la pensée [de la jeunesse instruite] se nourrit de la pensée française ». Qui plus est, en janvier 1938, Dandurand participe à la fondation du Collège Stanislas de Montréal, filiale du prestigieux établissement d’enseignement parisien du même nom. Avec l’établissement de cette école offrant une formation française en plein cœur d’Outremont, lieu de résidence par excellence des élites canadiennes-françaises, il est désormais possible de transmettre encore plus aisément la francophilie aux notables de demain.

Alex Tremblay

 

Un parcours parsemé d’innovations : les éditions du Septentrion, 1998-2013 – #116 – hiver 2013

r30116 Au tournant des années 2000, Septentrion est dotée d’assises financières stables grâce au succès de la série Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière. Bien que la maison d’édition se soit taillé une réputation enviable dans le milieu de l’histoire au Québec, elle demeure une petite entreprise principalement formée de contractuels et de passionnés qui y consacrent fins de journée et fins de semaine. L’équipe est restreinte et plusieurs membres des familles Vaugeois et Deschênes sont sollicités. Marie-France Vaugeois s’occupe de la comptabilité alors que Solange Deschênes se charge de la révision linguistique et que son frère Jude traduit certains manuscrits de l’anglais au français. L’arrivée de Gilles Herman au sein de la petite maison d’édition constitue cependant un tournant dans l’histoire de Septentrion. Pourtant, rien ne le prédisposait à œuvrer dans ce milieu. Né en Belgique et ingénieur nucléaire de formation, il s’installe au Québec pour rejoindre sa conjointe – Marie-Hélène Vaugeois – mais ne peut pas adhérer à l’Ordre des ingénieurs du Québec puisque son diplôme n’est pas reconnu. Devant le découragement de son gendre pour les formalités à venir, Denis Vaugeois lui propose de donner un coup de main au fonctionnement informatique de Mélomag, boutique de musique et de revues qu’il a acquise. Selon Vaugeois, tout se met alors à fonctionner miraculeusement bien! Herman est par la suite appelé à fusionner les systèmes de gestion d’édition et de comptabilité de Septentrion et acquiert par le fait même une fine connaissance du fonctionnement de l’entreprise tout en s’initiant aux rouages du milieu de l’édition. Fort de cette expérience, Herman devient ensuite chargé de projets. Denis Vaugeois lui confie d’abord la direction de projets en lien avec son parcours personnel telle la révision de manuscrits sur l’histoire de l’immigration et de la Belgique. À l’été 2000, Vaugeois entreprend, avec son concours, une refonte complète de Canada-Québec, 1534-2010. En fait, Gilles Herman fait un cours intensif d’histoire du Québec. Progressivement, il dirige de plus en plus de projets en histoire. Quelques années plus tard, Vaugeois lui cède la direction des éditions du Septentrion. S’il se garde d’abord des actions pour s’assurer de la pérennité de son œuvre, Vaugeois les délaisse cependant rapidement pour remettre le plein contrôle de sa compagnie à son gendre.

Au cours des années suivantes, l’équipe se rajeunit et s’agrandit. En 2005, après avoir publié un livre issu de son mémoire de maîtrise chez Septentrion, la jeune historienne Sophie Imbeault se voit proposer le poste d’éditrice par Denis Vaugeois. À la même époque, Pierre-Louis Cauchon et Marie-Michèle Rheault se joignent à l’équipe à titre de graphiste et d’adjointe à l’édition. Septentrion s’associe tant de jeunes diplômés que, en 2009, Vaugeois, estime que la moyenne d’âge est d’un peu plus de 30 ans s’il s’en exclut.

En 2004, Septentrion innove en proposant à ses lecteurs un moteur de recherche en ligne et une version numérique de ses ouvrages. Au moment de la publication de Patriotes et Loyaux. Leadership régional et mobilisation politique en 1837 et 1838 de Gille Laporte, on constate que l’ouvrage de 416 pages n’a pas d’index. Denis Vaugeois fait alors indiquer à la fin du livre qu’il sera possible de faire des recherches par mots-clés via Internet afin de pallier l’absence d’index. L’équipe de Septentrion se voit donc contrainte de régler le problème rapidement. Il faudra 24 heures à Gilles Herman pour trouver la solution. C’est ainsi que cette option sera maintenue pour l’ensemble des ouvrages numérisés. Septentrion est d’ailleurs encore un des seuls éditeurs, avec Gallimard, à offrir un tel outil. Mieux, grâce à ce moteur de recherche, la version numérique des livres est désormais disponible en ligne pour ceux qui souhaitent en faire l’acquisition. En 2010, Septentrion publie même un premier livre uniquement disponible en format numérique : 1760, les derniers jours de la Nouvelle-France.

Parallèlement, Septentrion se remet plus activement à la publication d’ouvrages de fiction en créant la collection Hamac, à l’automne 2005. Si depuis les débuts de Septentrion Denis Vaugeois s’était donné comme mission de faire découvrir de nouveaux auteurs et d’en publier au moins un par année, peu étaient parvenus à se faire connaître du grand public puisque la maison d’édition était trop associée à l’histoire. Toutefois, avec la création de cette division dont le nom d’origine amérindienne évoque la détente, plusieurs ouvrages connaissent un bon succès. C’est entre autres le cas des Chroniques d’une mère indigne de Caroline Allard (2007 et 2009) qui se vendent à plus de 25 000 exemplaires. En 2008, avec l’arrivée d’Éric Simard – lui-même auteur et ancien libraire – à la tête de cette collection, Hamac prend un nouvel envol et publie depuis de trois à cinq titres par année.

De nos jours, Septentrion est l’une des maisons d’édition les plus dynamiques au Québec. En plus de publier plus d’une trentaine d’ouvrages par année, Septentrion s’engage activement dans le milieu du livre. Gilles Herman préside le comité de l’édition numérique au sein de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) alors que Sophie Imbeault siège sur le conseil d’administration de l’organisme. Au cours des derniers mois, plusieurs membres de l’équipe ont participé à la commission parlementaire sur la réglementation du prix de vente au public des livres neufs imprimés et numériques. Septentrion est donc loin de se contenter de simplement éditer des livres. À l’occasion de ses 25 ans, Septentrion a d’ailleurs le cœur à la fête et organise toute une série d’activités. La prochaine année s’annonce festive et pleine de nouvelles publications intéressantes.

Alex Tremblay

 

La naissance des Éditions du Septentrion, 1988-1998 – #115 – automne 2013

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Le premier ouvrage des éditions du Septentrion reçoit un bon accueil de la part des médias. Quelques semaines après sa parution, Le Devoir souligne dans ses pages le talent de conteur de Balcer. On le voit ci-dessus exhibant les épreuves de son livre à Roland Héroux, journaliste au Nouvelliste (Archives des éditions du Septentrion).

 La plupart des amateurs d’histoire possèdent plusieurs ouvrages des éditions du Septentrion sans pour autant connaître les origines de cette maison d’édition. Pour en découvrir la genèse, il faut remonter au milieu des années 1980. À l’époque, l’historien Denis Vaugeois vient de se retirer de la politique active et souhaite retourner à ses premières amours : l’édition. Un chasseur de têtes le recommande alors aux actionnaires du CEC, une maison d’édition scolaire. Denis Vaugeois renoue avec cet univers qui a beaucoup évolué depuis qu’il a quitté les éditions du Boréal. En 1987, il quitte cet emploi confortable pour redémarrer une maison d’édition davantage conforme à ses intérêts. Pour ce faire, il s’entoure d’une partie de l’équipe avec qui il avait créé le Boréal Express 25 ans plus tôt. Lévis Martin – qui assurait la mise en pages de ce journal est nommé directeur artistique. Jacques Lacoursière – qui participait à la recherche, à la rédaction et à l’édition du Boréal Express – apporte de nombreux conseils et un soutien moral indéfectible. Réal d’Anjou – qui fut un proche collaborateur de Mgr Albert Tessier à cette époque et qui imprima plus tard certains ouvrages édités chez Boréal – offre ses vastes connaissances du monde de l’édition et de l’imprimerie à la nouvelle équipe. Mieux, afin de doter l’entreprise d’assises solides, il cède à Denis Vaugeois le Pélican, maison d’édition qu’il a fondée en 1956 et qui s’était fait une niche enviable dans la publication de beaux-livres et de littérature jeunesse. Pour bien marquer ce départ et se distinguer des maisons d’édition américaines et européennes qui portent le même nom, le Pélican devient Septentrion. Le choix du nom n’est pas anodin. Tout comme c’était le cas lorsqu’il a fondé les éditions du Boréal, Denis Vaugeois cherche un terme à connotation géographique ne s’inscrivant pas dans la dichotomie Québec/Canada.

Dès ses débuts, Septentrion s’installe à Sillery, au-dessus de la librairie Vaugeois, rue Maguire. La maison d’édition profite depuis de cette proximité dont découle d’ailleurs le premier livre qu’elle a édité : Léon Balcer raconte (octobre 1988). Ayant été informé que Léon Balcer, ancien député progressiste-conservateur de Trois-Rivières, venait souvent faire un tour à la librairie, Denis Vaugeois décida un jour d’aller prendre un café avec lui pour échanger de choses et d’autres. Après tout, ils venaient tous deux de Trois-Rivières et avaient plusieurs connaissances communes. Fasciné par les anecdotes savoureuses de Balcer, Denis Vaugeois lui proposa d’écrire un livre et apprit que si l’ancien ministre de Diefenbaker rôdait près de la librairie depuis un certain temps, c’est qu’il en avait justement un en tête!

Les premières années se déroulent toutefois sous le signe de la précarité et mettent à profit la débrouillardise des fondateurs. Gaston Deschênes, à qui Denis Vaugeois s’est associé dès les débuts de Septentrion, travaille à temps plein à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale et ne peut que venir faire un tour en fin de journée et les fins de semaine. Denis Vaugeois, quant à lui accaparé par ses propres recherches et quelques contrats, ne passe souvent qu’en fin d’avant-midi ou d’après-midi aux locaux de Septentrion qu’il ne quitte qu’en début de soirée quand sa famille le réclame. Qui plus est, Septentrion n’a pas encore les moyens de se doter d’un personnel nombreux et ne compte, à ses débuts, que quelques employés, voire parfois un seul. Celui-ci doit se charger du travail de bureau, des rencontres avec les auteurs, des relations avec le distributeur et les imprimeurs, de la coordination du travail des pigistes et de bien d’autres tâches. Christian Paradis, qui tint le fort pendant les premières années, se qualifiait d’ailleurs d’« omnipraticien »!

Éditer demeure cependant un métier dont la rémunération n’est guère élevée et l’équipe de Septentrion doit diversifier ses activités pour survivre. Celle-ci se fait donc consultante en histoire et en édition et travaille sur de nombreux projets. L’équipe collabore à plusieurs émissions télévisées, se charge de la recherche pour un documentaire sur Grosse-Île et prépare des dossiers pour le directeur général des élections. Septentrion agit également comme éditeur délégué et réalise à ce titre le Dictionnaire canadien des noms propres et le Dictionnaire des canadianismes pour le compte de Larousse, en 1989. Ce contrat, particulièrement lucratif, sort Septentrion de la précarité et lui offre des assises financières assez solides pour se lancer dans de nouveaux projets. Ceux-ci sont d’ailleurs multiples puisque près d’une vingtaine d’ouvrages différents – principalement en histoire et en sciences humaines mais, aussi, en littérature – paraissent chaque année. Bien que plusieurs ouvrages connaissent beaucoup de succès – pensons notamment à L’Année des Anglais (1988) qui, depuis, a été réédité trois fois –, c’est en 1995 que Septentrion publie le début d’une série qui a pour ambition d’être « l’histoire du Québec la plus complète jamais publiée » : l’Histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière. Dès la publication du premier tome, l’œuvre connaît un succès considérable. Elle se hisse au sommet de la liste des best-sellers pendant plusieurs semaines et, grâce au travail efficace de Johanne Mongeau, attachée de presse en charge du livre, l’Histoire populaire du Québec poursuit sur cette lancée. Face à l’enthousiasme du public, Michel de Courval offre un solide coup de main. Les tomes suivants – publiés en 1996 (tomes II et III), 1997 (tome IV) et en 2008 (tome V) – connaissent une popularité similaire. Plus de 300 000 exemplaires ont trouvé preneur à ce jour. Septentrion passe alors du statut de petite maison d’édition aux assises encore fragiles – malgré quelques premiers succès – à celui d’éditeur bien établi. Désormais, Septentrion peut compter sur une équipe élargie, avec Manon Perron et Marcelle Cinq-Mars, et se consacrer uniquement à l’édition sans avoir trop d’inquiétudes financières.

Alex Tremblay

Les grandes heures du Manoir Mauvide-Genest – #114 – été 2013

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À l’été 1934, à l’occasion des fêtes du quatrième centenaire de l’arrivée de Jacques Cartier, le juge Pouliot et son épouse décorent leur demeure de drapeaux français et d’une bannière pour accueillir comme il se doit les dignitaires de passage (BAnQ, Centre d’archives de Québec, Fonds Famille Pouliot, P436, S4, SS4, P6).

 Au cours du deuxième quart du XXe siècle, le manoir Mauvide-Genest voit défiler en ses murs toute une série de têtes couronnées et de personnalités politiques et littéraires de premier plan. On vient alors des États-Unis, de France, du Royaume-Uni et même du Japon pour visiter et admirer l’« antique demeure féodale » du juge Joseph-Camille Pouliot. Cet attrait pour cet imposant vestige du Régime français est en grande partie l’œuvre du juge et de sa troisième épouse, Eugénie Lemieux.

Né en 1865 dans une famille de l’élite locale de Fraserville (aujourd’hui Rivière-du-Loup), Joseph-Camille Pouliot se fraie rapidement un chemin parmi les juristes de son époque. Après sa sortie du barreau, il retourne à Fraserville pour pratiquer le droit aux côtés de son frère Charles-Eugène. À la suite de la mort de ce dernier, en 1897, il se lie aux jeunes avocats Charles-Adolphe Stein et Ernest Lapointe pour poursuivre ses activités professionnelles. En 1910, grâce à ses compétences et ses amitiés avec d’éminents membres du Parti libéral – pensons notamment à Wilfrid Laurier et Louis-Alexandre Taschereau –  il est nommé juge à la Cour supérieure pour le district d’Arthabaska. Parallèlement, Pouliot s’intéresse à l’histoire et au patrimoine. Il publie plusieurs ouvrages sur ce sujet (une biographie d’une religieuse du début du XVIIIe siècle, des glanures historiques, un ouvrage sur Jacques Cartier, etc.) et propose, dès 1926, que la résidence de Laurier à Arthasbaska – où il vécut également avec sa famille entre 1910 et 1920 – « soit conservée à la postérité »  en devenant un musée régional.

Au milieu des années 1920, lorsqu’il se cherche une résidence d’été, il entend parler du manoir Mauvide-Genest par l’un de ses oncles maternels, l’abbé François-Xavier Blais. Après une visite des lieux à l’été 1926, le juge Pouliot se porte acquéreur du bâtiment malgré son piètre état puisqu’il en admire le « cachet féodal » et tient à transmettre à ses enfants cette maison dans laquelle ses ancêtres vécurent jadis (la grand-mère maternelle du juge, Marie-Angélique Genest, y passa sa jeunesse avec son oncle Laurent Mauvide et sa tante Marie-Anne Genest). Afin de redonner à la demeure son cachet du XVIIIe siècle, Joseph-Camille Pouliot entreprend d’importants travaux de restauration qui s’échelonnent sur trois ans. Au terme de ceux-ci, il peut accueillir dignement parents et amis dans son manoir comme il est de bon ton de le faire à l’époque parmi les élites. En effet, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, bon nombre de médecins, d’avocats et d’hommes politiques – tant francophones qu’anglophones – s’installent dans leur luxueuse résidence de Sainte-Pétronille pour passer l’été. Dès les débuts de la belle saison, le « Bout de l’île » s’anime donc au rythme des réceptions, des parties de golf et des promenades le long du fleuve. La demeure du juge Pouliot attire toutefois davantage l’attention en raison de son âge vénérable et, surtout, en raison de l’imposante collection d’artéfacts amassée par son propriétaire. Celui-ci fait même du manoir un « musée du terroir » dans lequel il expose toute une série de meubles et d’articles provenant des habitants de l’île d’Orléans et du manoir Dénéchaud de Berthier afin de mettre en valeur la tradition paysanne canadienne-française.

Pour attirer des visiteurs de marque, le juge Pouliot profite d’abord de son réseau familial et amical. Membre d’une éminente famille libérale ayant porté en son sein plusieurs députés (le père, le frère et le neveu du juge Pouliot représentent la circonscription de Témiscouata à la Chambre des communes pendant près de 40 ans), Joseph-Camille Pouliot voit donc défiler dans sa résidence les ténors du Parti libéral – tant provincial que fédéral. Dès 1926, il reçoit la visite d’un ancien compagnon d’études, Louis-Alexandre Taschereau, alors premier ministre de la province. Puis, au cours des années suivantes, le jeune avocat Louis Saint-Laurent, le ministre des Terres et Forêts, Honoré Mercier fils et le lieutenant-gouverneur Henry George Carroll le gratifient d’une visite. La châtelaine des lieux – qui provient également d’une famille libérale bien en vue – met aussi son réseau de sociabilité à profit puisque, en 1928, son frère, Rodolphe Lemieux, alors président de la Chambre des communes, appose sa griffe dans le livre d’or du manoir.

Toutefois, rapidement, Pouliot cherche à attirer des visiteurs plus prestigieux et à faire découvrir sa collection à d’autres publics. Il jouit alors de la réputation enviable de l’île d’Orléans qui, petit à petit, est devenue un incontournable pour les étrangers de passage grâce aux guides touristiques qui la décrivent comme le berceau de la civilisation française en Amérique. Ainsi, en 1933, lorsque Eleanor Roosevelt vient visiter Québec, le consul américain souhaite l’y emmener et une visite au manoir Mauvide-Genest s’impose. Le juge Pouliot s’active également pour attirer des personnalités de marque dans son « musée du terroir ». Grâce à ses amitiés bien placées, il réussit à inclure une visite sur l’île d’Orléans et, donc, au manoir Mauvide-Genest dans l’agenda des dignitaires et des congressistes de passage à Québec. Ainsi, en 1934, devant le programme chargé des fêtes du quatrième centenaire du premier voyage de Jacques Cartier, Louis-Alexandre Taschereau promet à son ami que, s’il ne peut assurer le passage des dignitaires de cet évènement à son manoir, « qu’il y aura certainement au moins une après-midi de réservée à l’île d’Orléans durant les quatre jours du Congrès des médecins, les 27, 28, 29 et 30 août, sinon durant le séjour à Québec des excursionnistes du Champlain ». Les années 1930 voient donc de nombreuses personnalités prestigieuses se succéder au manoir Mauvide-Genest tels que l’académicien Henry Bordeaux, le gouverneur général du Canada Lord Tweedsmuir et le prince Yashuhito Mastsudaira, frère de l’empereur du Japon Hirohito.

Après le décès du juge Pouliot, en 1935, sa veuve, son fils et l’épouse de ce dernier continuent de recevoir les visiteurs de passage au manoir. Toutefois, à la suite de la mort de la châtelaine, les visites se font de plus en plus rares. La vocation des lieux change et le manoir devient musée en 1974. Après de nombreuses années d’efforts pour trouver le financement nécessaire, il devient centre d’interprétation en 2001 et, depuis 2011, une exposition rappelle le souvenir du juge Pouliot et les grandes heures du manoir Mauvide-Genest. Comme quoi, encore aujourd’hui les lieux demeurent un arrêt incontournable pour les gens venant faire un tour de l’île.

Alex Tremblay

Father-in-jail : la triste fin de Philippe-Honoré Roy – #113 – printemps 2013

Le portrait de Philippe-Honoré Roy qui figure dans la «Galerie des orateurs» est une réalisation du peintre montréalais d’origine italienne Umberto Bruni. Outre ce tableau, on lui doit la décoration de plusieurs églises québécoises, plusieurs murales et une abondante production picturale récompensée par de nombrux prix tant au Québec qu’en Italie. Nul ne sait ce qu’il est advenu du portrait original, voire si un tel tableau a été réalisé pour l’Assemblée législative au début du XXe siècle. (Collection Assemblée nationale, peintre Umberto Bruni, photographe Claude Bureau)

 En 1975, lors de la restauration des tableaux de la « Galerie des orateurs » à l’Assemblée nationale du Québec, on découvrit qu’un portrait manquait curieusement à l’appel, celui de Philippe-Honoré Roy, député de Saint-Jean de 1900 à 1909 et président de l’Assemblée législative de 1907 à 1908. Malgré des recherches dans les autres édifices parlementaires, le tableau demeura introuvable. On dut donc se tourner vers le peintre Umberto Bruni pour en réaliser un à partir d’une photo du personnage. Le mystère devait demeurer entier mais, lors des recherches effectuées pour rédiger des notices biographiques de tous les députés ayant siégé à l’Assemblée nationale depuis 1867, l’historien Gaston Deschênes découvrit pourquoi cette toile avait disparu.

Brillant avocat originaire d’Henryville, petite municipalité en périphérie de Saint-Jean-sur-Richelieu, Philippe-Honoré Roy connut une ascension sociale et professionnelle fulgurante. Fils de cultivateur de la vallée du Richelieu, il parvint rapidement à s’inscrire dans les sphères les plus influentes de la société montréalaise. Dès 1875, à l’âge d’à peine 28 ans, il devient secrétaire du Barreau de Montréal. Quelques années plus tard, sa notoriété grandissante lui permet d’accéder à la présidence du Club national, club bien en vue de Montréal réunissant les plus éminents sympathisants libéraux de la métropole.

En 1878, son mariage avec Auglore Molleur, fille de l’homme d’affaires bien connu d’Iberville Louis Molleur, l’amène à s’engager dans le développement de sa région natale. Au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, Roy prend part de plus en plus activement aux activités de la Banque de Saint-Jean, institution financière créée par son beau-père en 1873. En 1904, au décès de ce dernier, Roy accède à la direction de la Compagnie de l’aqueduc de la ville de Saint-Jean dont son beau-père était propriétaire. C’est cependant en 1907 qu’il connaît la consécration de sa carrière lorsqu’il est élu orateur de l’Assemblée législative. Ses appartements de l’hôtel du Parlement deviennent alors le rendez-vous de l’élite de la ville de Québec.

Le 28 avril 1908, le vent tourne. La Banque de Saint-Jean, dont Roy est entre-temps devenu le président, suspend ses paiements et ferme ses portes. Tous croient d’abord que cette petite institution financière régionale cesse ses activités parce qu’elle n’est pas en mesure de faire face à la concurrence de banques plus importantes. Les journaux soutiennent même que les déposants seront payés et que les actionnaires se partageront les actifs restants. On découvre cependant rapidement qu’il y a anguille sous roche. Le 11 juin, à la suite d’une enquête menée par le gouvernement fédéral, Roy, l’ancien gérant général et l’assistant de ce dernier sont arrêtés et accusés d’avoir produit de faux rapports mensuels.

L’enquête révèle ensuite que la banque a fermé ses portes le jour même où le secrétaire et trésorier de la Canadian Bankers Association en a fait l’inspection. Pire, les épargnants apprennent que les fonds recueillis par la banque semblent surtout avoir servi les intérêts de Roy. Ce dernier y aurait emprunté plusieurs sommes qu’il n’a pas remboursées et aurait versé des dividendes puisés à même les dépôts des épargnants. Selon Me Hibbard, avocat de la Couronne chargé de l’affaire, Roy aurait retiré des fonds de la banque pour son propre intérêt durant douze, voire même quatorze ans.

En mai 1909, à l’ouverture du procès, Roy voit s’accumuler les preuves accablantes. On apprend qu’il a encaissé près de 575 000$ de billets sans valeur et qu’il a financé sa campagne électorale à la mairie de Montréal en 1908 à même les dépôts des épargnants. Roy tente du mieux qu’il peut de se défendre. Au dire du juge Amédée Monet, l’accusé salit tous les témoins les uns après les autres et essaie de mêler à cette affaire les personnalités politiques les plus importantes à qui il reproche son procès. À la fin du mois de mai, désespéré, Roy tente même de se suicider en se tirant une balle dans le pied! Ses avocats veulent obtenir la suspension du procès, mais les médecins déclarent que Roy est capable d’y assister malgré sa blessure. Le 27 mai, après trois semaines de procès, le jury rend son verdict après à peine une demi-heure de délibération. Philippe-Honoré Roy est déclaré coupable d’avoir falsifié des documents bancaires. Il est condamné à cinq ans de prison qu’il devra purger au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul sur l’île Jésus.

Son état de santé est toutefois loin d’être enviable. Dépressif, diabétique et handicapé par sa blessure au pied, il aurait, selon Gaston Deschênes, probablement souvent fréquenté l’infirmerie de la prison. En 1910, son gendre, Armand Lavergne, s’adresse à Wilfrid Laurier pour qu’il déclare son beau-père – que Lavergne appelait son « father-in-jail » – dément et qu’il soit transféré dans un asile d’aliénés afin d’alléger sa peine. Laurier n’en a toutefois pas le pouvoir. Seul un médecin pouvant délivrer un certificat faisant état de la santé mentale du patient peut autoriser son transfert. Le 17 décembre 1910, Roy décède finalement à l’Hôtel-Dieu de Montréal où il avait été transféré à une date indéterminée au cours de cette année.

Les journaux ne font pas grand cas de son décès. La plupart se contentent d’un mince entrefilet et certains rappellent discrètement sa déchéance. Bien qu’aucune preuve n’ait permis d’établir un lien entre la triste fin de Roy et l’absence de son portrait dans la « Galerie des orateurs », Gaston Deschênes émet l’hypothèse que l’état d’esprit dans lequel devaient se trouver les autres députés à la suite de cette affaire ait pu les motiver à faire disparaître dans la plus grande discrétion la toile représentant Roy.

Alex Tremblay

Les débuts de la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal – #112 – hiver 2012

 Au  milieu du XIXe siècle, l’histoire suscite un vif intérêt chez les élites, tant au Canada qu’en Europe et aux États-Unis. Celles-ci désirent en apprendre plus sur leurs origines et souhaitent construire un sentiment d’appartenance national autour d’une histoire commune. Elles sont donc passionnées par la numismatique et l’archéologie, collectionnent documents historiques et artefacts, rédigent des ouvrages traitant du passé et se rencontrent pour échanger à ce sujet. À Montréal, les amateurs d’histoire naturelle de langue anglaise se réunissent au sein de la Natural History Society of Montreal depuis 1827 alors que les passionnés d’histoire d’origine canadienne-française font de même à la Société historique de Montréal dès 1858.

Dans ce contexte, le 9 décembre 1862, un groupe d’une vingtaine de passionnés de l’étude des monnaies et des médailles se rassemblent autour de Joseph-Adélard Boucher, Stanley Clark Bagg et Joseph-Amable Manseau pour fonder la Société numismatique de Montréal. Celle-ci a pour but de promouvoir l’étude de cette discipline et de créer un musée et une bibliothèque à l’usage de ses membres. Toutefois, en raison de l’intérêt accru des nouveaux membres pour l’histoire de manière plus générale, elle change de nom pour devenir la Société de numismatique et d’archéologie de Montréal en 1866, puis la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal (SANM), au début du XXsiècle.

Dès le départ, la SANM compte parmi ses membres certains des plus éminents notables de la société montréalaise. Pensons notamment au célèbre photographe William Notman et à l’homme d’affaires James Ferrier, considéré comme l’un des hommes les plus riches du Canada. Qui plus est, elle est dotée d’un système de correspondants étrangers qui lui permet d’entrer en contact avec des sociétés savantes de partout dans le monde, et ce, dès sa fondation. En consultant le premier rapport annuel du secrétaire de la société, on apprend que le président de la Société numismatique de Philadelphie et le secrétaire de celle de Boston sont déjà membres honoraires de la SANM en 1862. En outre, grâce à la revue qu’elle crée en 1872 (le Canadian Antiquarian and Numismatic Journal), la SANM est en mesure de diffuser les résultats des recherches menées par ses membres et d’acquérir les publications d’autres sociétés savantes en s’en servant comme monnaie d’échange.

Dans les années suivant sa fondation, la SANM se fait connaître comme une actrice de premier plan dans la promotion de l’histoire et dans la mise en valeur et la préservation du patrimoine montréalais. Dès 1877, elle met sur pied une exposition pour souligner le 400e anniversaire de l’introduction de l’imprimerie en Angleterre. Dix ans plus tard, elle organise une exposition de portraits historiques pour célébrer son 25e anniversaire. De plus, elle offre régulièrement à ses membres des visites de lieux historiques au Canada et aux États-Unis. Lorsqu’un projet ferroviaire menace la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, en 1882, ses membres s’insurgent et exercent des pressions sur les autorités. De même, lorsqu’on évoque la possibilité de détruire le Château Ramezay, antique résidence des gouverneurs de Montréal érigée en 1705, pour agrandir le marché contigu à la place Jacques-Cartier, les membres de la SANM lancent une pétition pour sauver le bâtiment et organisent des assemblées pour mobiliser les citoyens et sensibiliser les élus. Mieux, au début des années 1890, la société fait apposer quelque 75 plaques (les premières à Montréal) sur les bâtiments et sites historiques les plus dignes d’intérêt de la ville.

Fait intéressant, la SANM n’est pas seulement un lieu d’échanges entre passionnés d’histoire et de défense du patrimoine urbain, elle est également un lieu de rencontres pour les élites anglophones et francophones de Montréal. D’abord majoritairement constituée de membres de langue anglaise (plus de 78 % des membres du conseil exécutif sont des anglophones entre 1862 et 1880), la société se francise au cours des années suivantes (les locuteurs de langue anglaise ne forment plus que 66,7 % des membres du conseil exécutif entre 1881 et 1890 et 52,3 % de 1891 à 1899). En ce sens, elle constitue un pont – au même titre que plusieurs autres associations culturelles et de loisirs de la métropole – entre les deux principales communautés linguistiques de Montréal à cette époque.

C’est cependant l’ouverture d’un musée d’histoire qui portera la SANM au faîte de sa gloire. Dès ses débuts, la société sollicite des dons d’artefacts divers et de portraits à ses membres. Ceux-ci répondent à l’appel et offrent de nombreux objets issus de leur collection personnelle et de leur patrimoine familial. Toutefois, la collection de la SANM ne peut être exposée que périodiquement (lors d’expositions ponctuelles réalisées dans des salles prêtées par d’autres organismes) puisque la société ne possède pas ses propres locaux. La situation change cependant en 1895. La ville de Montréal qui, à la suite des pressions de la SANM, s’est portée acquéreuse du Château Ramezay, en 1893, lui loue le bâtiment pour qu’elle puisse s’y installer. La SANM y aménage alors le musée et la bibliothèque qu’elle souhaitait créer depuis 1862. Le musée connaît un grand succès : plus de 16 000 personnes le visitent au cours de son premier mois d’ouverture et entre 32 000 et 35 000 personnes y sont accueillies en 1897. Les années suivantes voient plusieurs bals se dérouler entre les murs du château à l’initiative de la section féminine de la société. Cette dernière, créée en 1896 à l’instigation du National Council of Women, organise des bals pour divertir la bonne société montréalaise, mais surtout pour amasser des fonds pour la SANM et « créer, parmi les citoyens de Montréal, un intérêt particulier en faveur de cette relique précieuse » qu’est le Château Ramezay.

Cent cinquante ans après sa fondation, la SANM demeure une actrice importante dans la mise en valeur du patrimoine montréalais. En 2012, elle s’est d’ailleurs vue octroyer le prix d’excellence Ivanhoé Cambridge pour souligner ses actions dans ce domaine et le soin qu’elle met à faire du Château Ramezay un musée accessible et dynamique. On peut d’ailleurs toujours le visiter lorsqu’on passe par le Vieux-Montréal.

Alex Tremblay

Photo: Le musée de la SANM se distingue des autres musées montréalais de la fin du XIXe siècle. Alors qu’on glorifie la Nouvelle-France et qu’on met de l’avant une histoire française et canadienne-française au musée Lasalle et au musée Éden, le Château Ramzay propose quelque 500 artefacts rappelant à peu près également les régimes français et anglais et, dans une moindre mesure, l’apport des autochtones. (Collection Château Ramzay)

Éternelles victimes, éternelles coupables: les prostituées de Montréal – # 110 – été 2012

 Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Montréal est marquée par une croissance économique importante. Son port est de plus en plus fréquenté et le chemin de fer – qui relie Montréal au reste du continent depuis l’ouverture du pont Victoria en 1859 – contribue au développement de l’industrie manufacturière. Cette effervescence fait considérablement croître la population de Montréal, mais participe également au développement de son Red Light. Avec l’affluence grandissante de marins et de visiteurs de passage, les maisons closes se multiplient et la prostitution se fait de plus en plus visible et dérangeante pour les élites urbaines. L’ordre moral et le contrôle des comportements publics prennent une importance accrue. Sous la pression des réformateurs sociaux, la réglementation devient de plus en plus contraignante et les prostituées voient leur liberté s’estomper de la fin du XIXe siècle aux débuts des années 1920.

La prostitution dérange en raison de sa visibilité. Puisque la sollicitation se déroule dans un espace public, les élites urbaines ne sauraient tolérer pareil désordre. Celles-ci s’organisent en associations et exercent des pressions sur l’État qui soumet les prostituées à des lois de plus en plus strictes. Alors que, dans les années 1860, les filles de joie et ceux qui fréquentent les maisons de désordre sont accusés de vagabondage et sont seulement punis lorsqu’ils troublent l’ordre public, le Code criminel de 1892 fait de la prostitution un crime à part entière. Il rend désormais illégal le simple fait de tenir « ou habite[r] une maison déréglée, de prostitution ou mal famée, ou une maison fréquentée par des prostituées ».

Au début du XXe siècle, les réformateurs sociaux accentuent leurs pressions. Ils mettent sur pied diverses instances telles que le Bureau de la moralité (1909) et le Comité des Seize (1917) qui souhaitent montrer qu’« il y a peu de villes d’une pareille étendue où l’état du vice soit plus alarmant qu’à Montréal ». Ces organismes multiplient les conférences publiques et émettent de nombreux communiqués de presse qui contribuent à soulever l’opinion publique contre ce phénomène. Le nombre d’arrestations et de plaintes reliées aux maisons de désordre augmente donc considérablement dans les années 1910 et atteint même des sommets jusqu’alors inégalés en 1917 et en 1918 afin de satisfaire les citoyens sensibles au discours de ces comités.

Sous la pression des réformateurs sociaux, qui se font de plus en plus insistants pour que les forces de l’ordre sévissent davantage contre la prostitution, on pourrait croire que les policiers se montrent plus sévères. Or, ces derniers se révèlent, a priori, tolérants et vont même jusqu’à créer leur propre système de réglementation pendant près d’un an entre 1907 et 1908. Les filles de joie sont alors tolérées à condition qu’elles s’adonnent à leurs activités uniquement dans les bordels contrôlés par la police et qu’elles passent un examen médical afin d’obtenir un certificat attestant de leur innocuité. Cependant, il faut se garder de voir derrière cette attitude une quelconque forme de « protection », comme le dénoncent certains observateurs de l’époque. Au contraire, dès les années 1860, les différents chefs de police qui se succèdent réclament davantage de pouvoirs pour contenir ou limiter les effets de ce « fléau ». Si les services policiers sont en faveur d’une réglementation de la prostitution, c’est uniquement dans le but de mieux la contrôler. En confinant la prostitution à un espace délimité – 75,8 % des bordels connus des forces policières se situent dans les quartiers Saint-Louis, Saint-Jacques et Saint-Laurent entre 1868 et 1890 – il est plus aisé d’exercer un contrôle serré.

L’action des réformateurs sociaux, incidemment, augmente le pouvoir des tenancier(e)s et souteneurs sur leurs « protégées ». Avec les rafles contre les bordels qui augmentent constamment, les filles de joie deviennent plus dépendantes des maquerelles et des proxénètes puisque ce sont eux qui leur offrent une protection contre la police. En effet, bon nombre de tenancier(e)s et de souteneurs entretiennent de bons rapports avec les forces de l’ordre et sont préalablement avertis lorsque leur établissement fait l’objet d’une descente policière. Ils peuvent alors libérer leurs meilleures « employées » et garder celles dont l’emprisonnement ne nuirait pas à leurs affaires. De plus, en limitant les sorties et en contrôlant les allées et venues de leurs « protégées », maquerelles et souteneurs se mettent dans une position de force en devenant l’intermédiaire des prostituées entre elles et le monde extérieur. Les tenancières et les souteneurs en profitent pour vendre des denrées (parfum, vêtements, cigarettes, etc.) à un prix prohibitif, qu’ils vont même parfois jusqu’à doubler, contribuant ainsi à l’endettement de leurs pensionnaires et, de ce fait, à leur assujettissement.

En étudiant les objectifs des réformateurs sociaux montréalais, on devine d’ailleurs l’ampleur de l’asservissement des prostituées. C’est d’abord et avant tout contre les «maisons de prostitution, de désordre ou de rendez-vous » et « le vice organisé » qu’ils s’insurgent et les enquêtes qu’ils mènent les poussent à recommander, non pas la suppression de la prostitution à laquelle ils se résignent, mais plutôt « l’élimination de sa commercialisation, c’est-à-dire des intermédiaires, souteneurs et tenancières ». Le Code criminel est d’ailleurs amendé en 1915 afin de punir plus sévèrement toute personne condamnée trois fois ou plus pour avoir tenu une maison de désordre.

Il est donc extrêmement difficile de s’arracher des griffes des maquerelles et des proxénètes, voire de la prostitution. Les peines sont de moins en moins sévères et n’encouragent pas les filles de joie montréalaises à se détourner de leur métier. En effet, à la fin du XIXe siècle, les amendes ressemblent davantage à des « frais de licence » qu’à une action concrète pour combattre la prostitution. Même les institutions qui visent à éloigner les prostituées de leur métier et à favoriser leur réhabilitation – pensons notamment à l’asile Sainte-Darie, prison catholique des femmes de Montréal – connaissent des succès mitigés. Alors que les Sœurs du Bon-Pasteur de Montréal offrent aux ex-prisonnières de demeurer auprès des religieuses pour compléter leur réhabilitation ou de se joindre aux Madeleines, un ordre de contemplatives formé de pénitentes qui souhaitent mener la même vie que les religieuses, peu de prostituées choisissent cette voie. De 1876 à 1900, sur les 13 908 détenues condamnées à la prison, 839 (6 %) sont restées auprès d’elles et une quarantaine (0,3 %) sont entrées chez les Madeleines.

La seconde moitié du XIXe siècle et le début du siècle suivant sont donc marqués par la détérioration des conditions de vie des prostituées montréalaises. D’un état relativement tranquille, elles passent à une situation lamentable et celle-ci n’évoluera que péniblement et lentement au cours des décennies suivantes.

Alex Tremblay

Illustration:« Mise en scène prise en 1910 par Montminy & Cie. On y aperçoit deux dames pieuses qui viennent sortir une jeune fille d’une maison de débauche de Québec pour la ramener dans un milieu sécuritaire, à savoir l’asile Sainte-Madeleine. Les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec et les Sœurs du Bon-Pasteur de Montréal – qui, malgré leur nom, sont deux communautés différentes – s’investissent activement dans l’aide aux femmes victimes de la prostitution dès le milieu du XIXe siècle. ». (Collection Les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec).

Cinquante ans de Dictionnaire biographique du Canada – # 109 – printemps 2012

 « L’œuvre s’apparente davantage à un film de Fellini qui braque discrètement sa caméra tantôt sur un évènement, tantôt sur un prince, tantôt sur un obscur paysan, en quête d’un drame solitaire ou d’une destinée qui donne un sens à tant de labeur, de souffrances et parfois même d’héroïsme. » Jean Hamelin, directeur général adjoint du DBC de 1973 à 1998

La plupart des amateurs d’histoire canadienne connaissent le Dictionnaire biographique du Canada (DBC) et le consultent fréquemment. Toutefois, peu de gens connaissent les origines de ce vaste projet de recherche et ses rouages internes. À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa version française, en 2011, un bref retour en arrière s’impose. C’est à la fin des années 1950 que le Dictionary of Canadian Biography (DCB) voit le jour grâce à un don substantiel de plus d’un million de dollars de l’homme d’affaires torontois James Nicholson. Grand amateur de lecture et d’histoire, ce riche entrepreneur ayant fait fortune dans le commerce de graines d’oiseaux lègue à sa mort la plus grande partie de sa fortune à l’Université de Toronto afin qu’elle crée un ouvrage de référence qui s’imposerait comme le pendant canadien du Dictionary of National Biography de Grande-Bretagne (aujourd’hui le Oxford Dictionary of National Biography). Dès 1959, la University of Toronto Press commence la production de la version anglaise.

Afin d’en faire une œuvre bilingue qui mettrait à profit les historiens du Canada anglais et du Canada français, la University of Toronto Press envoie à Québec son directeur, Marsh Jeanneret, et la directrice de son service de rédaction, Francess G. Halpenny – appelée plus tard à devenir la directrice générale du DCB entre 1969 et 1989. Cette dernière raconte que, grâce à un contact privilégié avec Mgr Louis-Albert Vachon, alors recteur de l’Université Laval, ils sont dirigés vers l’historien Marcel Trudel qui accepte de prendre les rênes de la version française du projet. Fort de ces assises, le DBC voit le jour en mars 1961 et s’installe dans les locaux des Presses de l’Université Laval au sous-sol du pavillon Adrien-Pouliot.

Dès les débuts, plusieurs défis se présentent. Après tout, il s’agit de la première collaboration entre des universitaires du Canada anglais et du Canada français dans une entreprise d’aussi longue durée. Dans ses Mémoires d’un autre siècle, Marcel Trudel fait état des difficultés linguistiques et des différences de mentalité. Alors qu’au Canada anglais un texte payé par l’éditeur lui appartient et qu’il peut lui apporter les modifications qu’il désire, au Canada français l’auteur demeure propriétaire de ses écrits et l’éditeur ne peut pas y apporter de transformations sans le consentement de ce dernier. Or, l’une des assises du projet repose sur cet élément : les équipes du DBC et du DCB ont pour mandat de vérifier rigoureusement l’exactitude des faits avancés par les chercheurs et, au besoin, de proposer des corrections. En plus de cette tâche, elles déterminent avec l’aide d’un comité de consultation les personnes qui feront l’objet d’une biographie et confient à des spécialistes la rédaction de chaque article.

Les débuts de l’entreprise sont particulièrement dynamiques. En moins de vingt ans, six volumes paraissent. L’équipe du DBC publie même un bulletin régulier pour informer la communauté scientifique de l’avancement des ouvrages en chantier. En 1990, la publication du volume XII met fin à la première phase du projet – c’est-à-dire la publication des biographies antérieures à 1900. Entre-temps, le DBC a évolué au même rythme que l’historiographie. À mesure que les années passent, il accorde de plus en plus d’importance à l’histoire des femmes et des minorités ethniques. Alors que le volume I (1966) ne compte que 34 biographies de femmes, on en trouve près du triple (95) dans le volume XV (2005). De même, la proportion des membres du clergé et des historiens fonctionnaires parmi les collaborateurs décline – ceux-ci passent respectivement de 2 % et 13 % dans le volume IV (1980) à 1 % et 4 % dans le volume XV. Désormais, on se tourne de plus en plus vers des consultants en histoire. Alors qu’ils ne composaient que 6 % des collaborateurs du volume IV, ils représentent 14 % de ceux du dernier volume publié. Toutefois, cela n’empêche pas que certaines traditions sont bien ancrées. Depuis les débuts, la majorité des collaborateurs sont des professeurs, administrateurs et chercheurs universitaires. Le nombre de collaborateurs a cependant augmenté sensiblement. Alors que 23 auteurs signent près de la moitié des biographies dans le volume II (1969), bien peu en rédigent plus de deux dans le volume XV.

D’autres défis se posent. Rapidement, les locaux situés dans le sous-sol du pavillon Adrien-Pouliot deviennent trop petits. Au début des années 1970, grâce à une généreuse subvention du gouvernement fédéral, qui souhaite accélérer le rythme de production du DBC, la taille de l’équipe s’accroît avec l’arrivée de nouveaux rédacteurs-historiens. Le DBC se voit donc obligé d’emménager dans la maison Michael-John-Brophy. Il n’y est toutefois que de passage puisque dès la fin des années 1970, le DBC, dont la bibliothèque et les fichiers bibliographiques ont sensiblement pris de l’expansion depuis ses débuts, s’installe dans la maison Omer-Gingras. Encore une fois, l’espace y manque au bout d’une quinzaine d’années. Tous les espaces sont utilisés. Même les chambres de bonne et les garde-robes font office de bureaux pour certains membres du personnel! En 1994, un déménagement s’impose. Le DBC quitte la maison Omer-Gingras pour gagner ses locaux actuels situés au sixième étage du pavillon Louis-Jacques-Casault.

Le DBC s’est également adapté aux nouvelles technologies. Dès 2000, il lance un CD-ROM contenant l’ensemble des biographies publiées dans les quatorze premiers livres. L’année suivante, toutes les bibliothèques publiques, toutes les écoles secondaires, tous les collèges, cégeps et universités du pays en reçoivent gratuitement un exemplaire. En 2003, le DBC innove en mettant en ligne l’ensemble des biographies rédigées. Grâce à la création de son site Internet (www.biographi.ca), les chercheurs et les amateurs d’histoire ont désormais accès gratuitement à une source d’information de grande qualité en histoire canadienne en dehors des institutions. Le nombre de visites s’accroît rapidement : on en enregistre près de 2 150 000 du 1er avril 2009 au 31 mars 2010. Mieux, le site Internet devient un complément utile aux livres. On y trouve par exemple certaines biographies qui n’ont pas encore été publiées (pensons notamment à celles du frère André, de Paul-Émile Borduas, de Maurice Duplessis, de Maurice Richard, de Gabrielle Roy et de Pierre Elliott Trudeau) et, depuis l’automne 2011, des hyperliens qui y facilitent la navigation.

De nos jours, le DBC est considéré comme un des meilleurs dictionnaires biographiques au monde et son expertise est reconnue à l’étranger. C’est vers lui que se sont tournées l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Malaisie au moment de la création de leur propre dictionnaire biographique afin de bénéficier de la précieuse expérience canadienne en ce domaine. Depuis peu, l’équipe du DBC travaille même à la révision des cinq premiers volumes et à l’amélioration de son site Internet. Les prochaines années s’annoncent donc tout aussi prometteuses que les 50 premières.

 Alex Tremblay

Le Dictionnaire biographique du Canada en chiffres

VOLUME

PERIODE COUVERTE

PUBLICATION

NOMBRE DE BIOGRAPHIES

NOMBRE DE COLLABORATEURS

Volume I

1000-1700

1966 ; édit. corr. en 1986

594

116

Volume II

1701-1740

1969 ; édit. corr. en 1991

578

152

Volume III

1741-1770

1974

550

170

Volume IV

1771-1800

1980

504

255

Volume V

1801-1820

1983

502

269

Volume VI

1821-1835

1987

479

283

Volume VII

1836-1850

1988

538

326

Volume VIII

1851-1860

1985

521

351

Volume IX

1861-1870

1977

524

311

Volume X

1871-1880

1972

547

256

Volume XI

1881-1890

1982

586

382

Volume XII

1891-1900

1990

597

450

Volume XIII

1901-1910

1994

648

438

Volume XIV

1911-1920

1998

622

459

Volume XV

1921-1930

2005

619

446

Volume XVI

1931-1940

En ligne

10

10

Volume XVII

1941-1950

En ligne

7

7

Volume XVIII

1951-1960

En ligne

6

6

Volume XIX

1961-1970

Aucune

Volume XX

1971-1980

En ligne

3

3

Volume XXI

1981-1990

En ligne

4

4

Volume XXII

1991-2000

En ligne

3

3

Source : Dictionnaire biographique du Canada

Photo: « L’équipe du Dictionnaire biographique du Canada à l’œuvre en octobre 1967 au sous-sol du pavillon Adrien-Pouliot. On reconnaît sur cette photo Marika Cancelier, Germaine Van Coillie, Johanne La Rochelle, Nicole Baspeyre, Michel Paquin, Louise-Hélène Boileau et Gaston Tisdel. » (Collection du Dictionnaire biographique du Canada).

161 ans de dévouement : l’œuvre des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec – #108 – hiver 2011

 Au milieu du XIXe siècle, Québec est une ville en plein essor démographique. Les nombreuses vagues d’immigration des années précédentes en ont fait gonfler la population et plusieurs jeunes adultes des campagnes y viennent dans l’espoir d’y trouver un travail. Le nombre de déshérités augmente sensiblement et l’État n’est pas à même de les prendre en charge en raison de ses maigres moyens financiers. Plusieurs communautés religieuses s’affairent déjà à soigner les malades, à prendre soin des pauvres et à enseigner aux enfants, mais leurs efforts ne parviennent pas à enrayer complètement la misère. Face à cette situation, plusieurs notables de la ville apportent leur aide aux sociétés charitables. L’un d’eux, l’avocat George Manly Muir, greffier à l’Assemblée législative, désire offrir aux femmes sortant de prison un refuge où elles pourraient recevoir l’aide nécessaire pour en arriver à mener une vie honnête et pieuse. À la suite des recommandations de Mgr Pierre-Flavien Turgeon, il se tourne, en 1850, vers Marie-Josephte Fitzbach pour ouvrir l’asile Sainte-Madeleine, nom qui n’est pas dénué de sens puisqu’il rappelle celui de la sainte qui, de pécheresse, devint disciple du Christ.

De cette œuvre naît une communauté religieuse vouée au soutien des femmes et des enfants, la congrégation des Servantes du Cœur Immaculé de Marie, mieux connue sous le nom des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec. À mesure que la communauté se développe, ses actions s’étendent à plusieurs autres activités : accueil des mères célibataires, soin des orphelins, éducation des enfants du quartier Saint-Louis et formation de puéricultrices. On confie même aux religieuses la direction de la prison des femmes (ancienne maison Gomin située sur le boulevard René-Lévesque à Québec).

Après une période de développement au cours de laquelle les Sœurs du Bon-Pasteur essaiment dans le reste du Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, aux États-Unis et même en Afrique, la communauté se retrouve face à de profondes remises en question dans les années 1960. L’État exproprie la congrégation de sa maison mère sise sur la colline Parlementaire, plusieurs religieuses délaissent le voile et la direction de certaines œuvres des Sœurs du Bon-Pasteur (prison, orphelinat, etc.) passent entre les mains d’administrateurs laïcs. De plus, puisque les mères célibataires sont de plus en plus acceptées socialement et qu’elles gardent davantage leurs enfants, la crèche Saint-Vincent-de-Paul – que les sœurs avaient aménagée dans une ancienne résidence sur le chemin Sainte-Foy – ferme ses portes en 1972.

Loin de se laisser abattre par la situation, les Sœurs du Bon-Pasteur poursuivent leur œuvre en s’engageant autrement dans leur communauté. Elles offrent des résidences aux étudiantes, prennent en charge l’accueil des femmes à la Maison de Lauberivière et poursuivent leurs missions à l’étranger. De plus, elles s’imposent comme des gardiennes du patrimoine en éveillant la population au sort de leur ancienne chapelle – malheureusement laissée à l’abandon par son actuel propriétaire, le gouvernement du Québec – ainsi qu’en entretenant et en restaurant la maison Béthanie dans laquelle elles ouvrent un musée, en 1992. Fait intéressant, ce musée a ouvert ses portes le 8 mars 1992, Journée internationale des femmes, afin de rappeler et de poursuivre la mission  de la communauté. Qui plus est, le nouveau complexe muséal est alors décrit comme le musée le « plus féministe » dans les publicités qui en font la promotion.

De cette façon, les Sœurs du Bon-Pasteur poursuivent leur œuvre d’éducation en faisant découvrir au grand public l’histoire des religieuses et des laïcs qui se sont consacrés corps et âme à porter assistance aux enfants, aux prisonnières, aux mères célibataires et aux orphelins. Dans une exposition touchante, on découvre des objets témoignant des œuvres de la communauté (lits de bébé, biberons, matériel didactique, objets ramenés de l’étranger, etc.) et de nombreuses photos. Loin d’être un simple support visuel, ces images permettent de prendre conscience de l’ampleur du travail des religieuses et d’en apprendre plus sur l’histoire des femmes et sur l’évolution des soins à l’enfance. On prend plaisir à suivre l’histoire de l’hôpital de la Miséricorde de Québec (1874-1972) et de la crèche Saint-Vincent-de-Paul (1901-1972) mais, surtout, à découvrir le dévouement des femmes et des hommes qui y œuvraient. On pense notamment à l’abbé Edgar LeMay qui a baptisé plus de 20 000 enfants entre son entrée en fonction à la crèche à titre d’aumônier, en 1927, et son décès, en 1961, et à l’abbé Victorin Germain qui s’est affairé à trouver des familles pour ces orphelins pendant plus de 40 ans (on lui attribue directement et indirectement plus de 20 555 adoptions). On pense également à plusieurs laïcs parmi lesquels Hermance Bouchard, mieux connue sous le nom de garde Simard, se distingue assurément puisque qu’elle est devenue marraine de plus de 7 800 petits orphelins alors qu’elle œuvrait à la crèche.

Le musée présente aussi plusieurs autres pièces intéressantes. On y trouve notamment des effets personnels de l’abbé Henri-Raymond Casgrain (portraits de famille peints par Théophile Hamel, portefeuille, essuie-plume, montre de poche, etc.) que l’homme de lettres, qui a résidé chez les Sœurs du Bon-Pasteur de 1878 à sa mort en 1904, leur a légués. On peut également y voir plusieurs biens du premier bienfaiteur de la communauté, George Manly Muir. Les dons des deux hommes offrent un coup d’œil digne d’intérêt sur la culture matérielle bourgeoise du XIXe siècle.

En mars 2012, le Musée Bon-Pasteur célébrera ses vingt ans. Pour l’occasion, il offrira une exposition virtuelle sur les vies cachées de la rue Couillard, à savoir celles des mères célibataires, des religieuses et des habitants de cette rue. C’est l’occasion idéale d’aller faire un tour sur leur site Internet mais, aussi, à leur musée située dans le Vieux-Québec pour y (re)découvrir ses expositions.

 Alex Tremblay

La vie après la mort des notables québécois au tournant du XXe siècle – #107 – automne 2011

 Le XIXe siècle est marqué par l’essor de la bourgeoisie et par le faste avec lequel elle témoigne de son ascension sociale. Les grands domaines se multiplient, les clubs réservés à l’élite prolifèrent et les soirées mondaines se succèdent à un rythme effréné. Rien – hormis les faillites retentissantes – ne peut venir mettre un frein à ce train de vie, pas même la mort. Au contraire, les notables reproduisent la vie qu’ils menaient de leur vivant après avoir rendu leur dernier souffle. Déjà, au début du XIXe siècle, s’ils disposent de domestiques, ils souhaitent continuer à en bénéficier, du moins symboliquement. C’est ce que nous apprennent les instructions laissées par l’éminent membre de la communauté d’affaires de Montréal Peter McGill à sa succession. Celui-ci tient à être inhumé en présence de ses domestiques, vêtus d’un habit de deuil convenable. À défaut de serviteurs, on invite les employés du défunt, comme c’est le cas lors des funérailles de l’architecte Eugène-Étienne Taché, en 1912. Tout le personnel du département des Terres de la couronne se déplace alors pour rendre un dernier hommage à celui qui en était commissaire adjoint (sous-ministre).

Bien loin de quitter le luxe et la quiétude de leur foyer à leur mort, les membres de l’élite retrouvent paradoxalement un « milieu de vie » tout aussi respectable et opulent dans les cimetières. Ceux-ci sont d’ailleurs conçus comme de véritables propriétés bourgeoises depuis le milieu du XIXe siècle. Tout comme les grands domaines de l’élite, ces nécropoles disposent d’un personnel, chapeauté par un intendant, qui veille à leur entretien. Celui-ci est d’ailleurs en grande partie formé d’anciens domestiques. Le troisième surintendant du cimetière Mount Hermon est l’ancien jardinier du marchand de bois John Gilmour alors que le second régisseur du cimetière Mont-Royal a travaillé comme jardinier dans plusieurs domaines avant d’accéder à ces fonctions. De plus, les cimetières sont dotés d’élégants jardins romantiques, aménagés par des paysagistes de renom, et de clôtures pour bien marquer le caractère privé des lieux. N’entre pas au cimetière qui veut. Dans les années 1860, le conseil d’administration du cimetière Mont-Royal exige que les visiteurs désirant se recueillir sur la tombe d’un proche soient munis d’un ticket d’admission délivré par un administrateur ou le secrétaire du cimetière afin d’en interdire l’accès aux foules au comportement peu respectueux. Les cimetières-jardins ne prennent donc pas seulement l’allure des domaines de la bourgeoisie, ils s’imprègnent de ses valeurs et acquièrent une nouvelle vocation esthétique, morale et sociale. Ce sont désormais des lieux respectables où la commémoration du défunt et l’importance du patrimoine familial sont célébrées avec faste. Les cimetières sont également témoins des changements de leur temps et de ceux que connaissent les grandes familles. Si l’une d’elles connaît une ascension sociale, on n’hésite pas à remplacer une pierre tombale modeste par un monument beaucoup plus imposant. De même, si une nouvelle section particulièrement prestigieuse est aménagée, certaines familles vendent leur lot pour s’y installer.

La section du cimetière où sera érigé le monument familial est d’ailleurs choisie avec soin de manière à reproduire de véritables petits Golden Square Mille. Plusieurs membres de l’élite formulent même le désir d’être enterrés à proximité de leurs amis ou de leur famille. Au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, le lot du docteur Albert Pâquet est voisin de celui du père de son épouse, l’éminent homme d’affaires Georges-Élie Amyot. Il en va de même chez les protestants où le monument funéraire du juge John Samuel McCord n’est pas loin de celui des familles Ross et Davidson à qui la famille McCord est unie par quelques mariages. Les mausolées dans lesquels sont inhumés les plus éminents membres de la bourgeoisie sont quant à eux un rappel des luxueuses villas dans lesquelles ils habitaient de leur vivant. Ceux-ci évoquent l’intimité des foyers cossus avec leur petit muret de pierre ou leur clôture de fer forgé, voire même l’ordre familial puisque chaque membre y a une place attribuée selon son rôle au sein de la famille. En fait, ces mausolées s’imposent comme une véritable allégorie des résidences privées. On y observe le même petit escalier cérémoniel menant vers l’entrée principale. De plus, ils sont entourés d’arrangements floraux rappelant l’opulence des jardins jouxtant la maison familiale et sont conçus dans les mêmes styles architecturaux que les demeures de l’élite. Bien souvent, les notables font d’ailleurs appel aux artisans qui ont conçu leur manoir pour ériger leur monument funéraire. Certains ont même recours aux services des plus grands sculpteurs de leur temps – Alfred Laliberté, Alexandre Carli, etc. – pour commémorer la mémoire d’un proche. C’est notamment le cas de la famille du premier ministre Félix-Gabriel Marchand au cimetière Notre-Dame-de-Belmont et de Philomène Valois, veuve du seigneur de Varennes, au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Fait intéressant, même les rapports entre les genres subsistent dans la mort. Jusqu’à l’ouverture des cimetières-jardins dans les années 1850, les femmes ne peuvent pas aller se recueillir sur la tombe d’un proche puisque l’accès au cimetière leur est interdit en raison du caractère peu respectable des lieux. Les manuels d’étiquette proscrivent d’ailleurs la participation des femmes aux processions funéraires. S’il est recommandé qu’une veuve assiste aux obsèques de son mari, elle doit se retirer chez elle dès que le cortège funèbre se met en marche. On ne voudrait en aucun cas soumettre « la plus élégante moitié de notre espèce » à des émotions trop violentes. Lorsque la journaliste et militante féministe Joséphine Marchand meurt en 1925, ce sont son époux, son gendre et ses beaux-frères qui conduisent le cortège funèbre vers l’église alors qu’elle laisse pourtant dans le deuil une fille et quatre sœurs. Comme quoi, même la mort doit s’incliner devant les conventions sociales de l’époque!

 Alex Tremblay

Illustration: Le convoi funèbre du lieutenant-gouverneur Alphonse-Pantaléon Pelletier descendant la côte de la Montagne, à Québec, au printemps 1911. Bien qu’on aperçoive quelques femmes dans l’assistance, aucune ne prend place au sein du cortège funéraire (BAnQ P600, S6, D1, P635).


Nouvelles

Nouvelles – #124 – Hiver 2015

Le mausolée d’Honoré Mercier restauré

nouvellesLa ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, et la présidente et directrice générale de la Commission de la capitale nationale du Québec, Françoise Mercure, ont inauguré le 1er octobre dernier le mausolée d’Honoré Mercier au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. D’importants travaux de restauration ont été effectués sur le monument funéraire du 9e premier ministre du Québec. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux descendants et représentants de la famille Mercier.

Le premier ministre Philippe Couillard a profité de l’événement pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont choisi de consacrer leur vie à la politique. La ministre St-Pierre a souligné pour sa part que les premiers ministres ont influencé le cours de l’histoire et méritent d’être rappelés à la mémoire des Québécoises et des Québécois. De son côté, la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, a rappelé que les premiers ministres québécois décédés ont été les premiers personnages historiques désignés à la suite de la mise en œuvre de la Loi sur le patrimoine culturel et que l’entretien de leurs lieux de sépulture constitue un geste de respect et de reconnaissance envers des acteurs importants de l’histoire du Québec.

La Loi sur le patrimoine culturel du Québec confère à la Commission de la capitale nationale la responsabilité de l’entretien et de la mise en valeur des lieux de sépulture des premiers ministres du Québec. La restauration du mausolée d’Honoré Mercier représente un important chantier pour la Commission qui a été créée il y a vingt ans.

Six prix annuels de la Société des musées du Québec

nouvelle_3À l’occasion de son congrès annuel et colloque L’expérience du visiteur, la Société des musées du Québec (SMQ) a procédé, le mercredi 30 septembre dernier, à la remise de ses Prix 2015. Les Prix de la SMQ visent à reconnaître, stimuler et récompenser l’excellence de la pratique muséale au Québec. Ils mettent à l’honneur des réalisations qui ont contribué, de façon significative, à l’avancement de la muséologie québécoise.

Le président des Prix de la SMQ 2015 et directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal, Pierre Lacombe, a souligné la très grande qualité des productions du réseau muséal québécois tout en évoquant le choix souvent difficile du jury devant autant de bonnes propositions. Les lauréats des Prix de la SMQ 2015 ont reçu un objet design signé par L’atelier NON-USELESS de Montréal.

Le prix Carrière a été décerné à Lise Bertrand en reconnaissance de son engagement auprès des Musées de la civilisation, de la qualité exceptionnelle de ses réalisations et de sa contribution exemplaire à la muséologie québécoise.

Le prix Excellence, groupe institutionnel 1 a été remis au Musée canadien de l’histoire de Gatineau pour l’exposition Le Titanic canadien – L’Empress of Ireland.

Le prix Excellence, groupe institutionnel 2 a été accordé à Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour la trousse de médiation Du texte au spectacle : le processus de création au théâtre.

Le prix Excellence, groupe institutionnel 3 récompense La vieille fromagerie Perron de Saguenay pour la réalisation de sa nouvelle exposition-démonstration De Perron en Perron 125 ans de savoir-faire.

Le prix Audiovisuel et multimédia Télé-Québec a été décerné à l’expérience chorégraphique multimédia participative Danser Joe, de l’exposition Corps rebelles, réalisée par les Musées de la civilisation et Moment Factory en collaboration avec la Fondation Jean-Pierre Perreault.

Le prix Publication a été remis au Musée des beaux-arts de Montréal pour sa publication Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l’orientalisme.

De nombreuses récompenses pour les éditions du Septentrion

Plusieurs ouvrages publiés par les éditions du Septentrion, de Québec, ont été primés au cours des dernières semaines.

Le Premier Prix des Grands Prix Desjardins de Lanaudière dans la catégorie Patrimoine a été attribué à Raymonde Beaudoin pour son ouvrage La vie dans les camps de bûcherons au temps de la pitoune.

nouvelle_4La Société historique de Montréal a pour sa part décerné le Prix Robert-Prévost, remis tous les trois ans, à Gilles Lauzon pour son livre Pointe-Saint-Charles et à Mathieu Lapointe pour son essai Nettoyer Montréal. Le prix annuel de la Société, le Prix Percy-W.-Foy, est allé à Louis Gagnon pour son livre intitulé Louis XV et le Canada ainsi qu’à Denis Goulet et Robert Gagnon pour leur ouvrage Histoire de la médecine au Québec 1800-2000.

Enfin, le Prix du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans la catégorie intérêt général a été accordé à Catherine Ferland et Dave Corriveau pour leur livre La Corriveau. De l’histoire à la légende.

 

Jacques Saint-Pierre

Nouvelles – #123 – Automne 2015

Les quartiers disparus de Montréal à l’honneur

r-9-a-Image numérisée_webLe livre Quartiers disparus. Red light, Faubourg à m’lasse, Goose Village (Éditions Cardinal, 2014), publié sous la direction de la muséologue du Centre d’histoire de Montréal Catherine Charlebois et de l’historien de l’UQAM Paul-André Linteau, tous deux membres du Laboratoire d’histoire de Montréal, a remporté le prix d’excellence de l’Association des musées canadiens.

Ce prix prestigieux reconnaît le travail accompli par le Centre d’histoire de Montréal dans la recherche sur l’histoire de la métropole, un travail auquel le Laboratoire ainsi que les Archives de la Ville de Montréal ont largement contribué. En effet, le livre produit à la suite de l’exposition du même nom permet de garder une trace du travail de recherche, d’analyse et de compréhension de la trame urbaine montréalaise. Fondé sur des sources photographiques et des témoignages oraux, Quartiers disparus présente une « reconstitution » des secteurs démolis de la ville autant qu’un geste de mémoire vivante.

Une passion pour les meubles et les arts décoratifs canadiens

r-9-b-Heather-and-John-Harbinson-web-1024x756Le 26 mai dernier, le Musée canadien de l’histoire lançait une nouvelle exposition en ligne, « La collection Harbinson – Une passion pour les meubles et les arts décoratifs canadiens ». Fruit d’une recherche méticuleuse, cette exposition présente plus de 150 images d’objets sélectionnés parmi les quelque 350 réunis par John et Heather Harbinson. Il est donc possible d’examiner les meubles, les textiles, les pièces en terre cuite, les tableaux et les sculptures de cette collection acquise par le musée en 2007.

« Cette remarquable collection de meubles et d’œuvres d’art donne un aperçu unique du quotidien des nouveaux arrivants », explique Jean-Marc Blais, directeur général du Musée canadien de l’histoire. Ayant consacré leur vie à rassembler ces merveilleux objets, les Harbinson souhaitaient faire connaître leur collection à la population canadienne. Grâce à la nouvelle exposition en ligne, nous présentons ce précieux héritage aux gens de partout au pays et dans le monde. »

Les premiers colons qui se sont établis au Canada sont à l’origine d’un vaste éventail d’objets domestiques révélateurs des préférences locales, des matériaux et des procédés de fabrication. Les préférences des premiers Canadiens au Québec, en Ontario et dans les Maritimes étaient souvent calquées sur les styles dominants dans leur patrie d’origine, que ce soient les îles Britanniques, la France ou d’autres régions d’Europe. À mesure que les colonies nord-américaines gagnaient en maturité, les couleurs locales sont ressorties, pour donner lieu à des styles et à des matériaux propres à chaque région.

Un buste du docteur Camille Laurin au parc de la Francophonie à Québec

r-9-c-DSC_1974-brLe 6 mai dernier, on a procédé au dévoilement d’un buste du docteur Camille Laurin, considéré comme le père de la Loi 101, la charte de la langue française. Le monument a été installé au parc de la Francophonie afin de rappeler la contribution du docteur Laurin au rayonnement de la langue française au Québec et dans le monde. Le socle est gravé d’une citation célèbre de celui qui a été nommé ministre d’État au Développement culturel par le premier ministre René Lévesque en 1977 : « La langue est le fondement même d’un peuple, ce par quoi il se reconnaît et il est reconnu, qui s’enracine dans son être et lui permet d’exprimer son identité. »

Œuvre du sculpteur Léonard Simard, ce buste est le jumeau d’un autre installé à Montréal en juin 2011, dans le parc adjacent à l’édifice Camille-Laurin et aux bureaux de l’Office québécois de la langue française. L’œuvre est le fruit d’une campagne mise sur pied par le Fonds commémoratif Camille-Laurin au lendemain du dixième anniversaire du décès de cette figure marquante de l’histoire récente du Québec, en 2009.

 

Jacques Saint-Pierre

 

Nouvelles – #122 – été 2015

Pointe-à-Callière accueille la plus grande exposition sur la Grèce antique jamais réalisée en Amérique

r-9-d-webPointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, présente depuis le 12 décembre 2014 l’exposition inédite Les Grecs – d’Agamemnon à Alexandre le Grand. L’exposition parcourt au-delà de 5 000 ans d’histoire et de culture grecques et offre un regard exceptionnel et captivant sur la naissance du « berceau de la civilisation occidentale », sur son héritage et sur les traces qu’il a laissées dans le cœur et l’esprit du peuple grec.

L’exposition, qui amorce son périple nord-américain dans le plus important musée spécialisé en archéologie au pays, puis au Musée canadien de l’histoire à Gatineau, au Field Museum à Chicago et enfin au National Geographic Museum à Washington, regroupe plus de 500 précieux artefacts provenant de 21 musées grecs sous l’égide du ministère de la Culture et des Sports de la Grèce. Pour Pointe-à-Callière, cette réalisation s’inscrit dans la lignée des grandes expositions internationales qu’elle déjà réalisées comme L’Archéologie et la Bible : du roi David aux manuscrits de la mer Morte et Japon, qui rendent accessibles aux Montréalais et aux visiteurs, des trésors de l’humanité.

De nombreuses activités ont été développées en marge de l’exposition. Une application numérique gratuite a été conçue par le Laboratoire des nouveaux médias du Centre de la Fondation Stavros Niarchos pour les études grecques de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique. Elle permet d’accompagner les visiteurs, avant, pendant et après leur visite de l’exposition. De plus, une publication de prestige sur la collection grecque a été réalisée par le ministère de la Culture et des Sports de la République hellénique; un catalogue a aussi été réalisé par le Musée canadien de l’histoire et les musées partenaires du consortium pour présenter un survol des thématiques abordées ainsi que les principaux objets de l’exposition. Des conférences sont offertes, tant à Pointe-à-Callière qu’à l’Université de Montréal, au début de 2015. Les thèmes de ces huit conférences s’articulent autour des grands personnages de la Grèce Antique et des questions d’archéologie. Visites et animation, symphonies portuaires, fête nationale de la Grèce, cuisine grecque mise en valeur au restaurant du musée, films sur l’art sont des exemples de ce qui sera offert autour de l’exposition.

Yves Beauregard, lauréat du Prix spécial du jury de la SODEP

Le Prix spécial du jury de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) souligne le travail exceptionnel d’une personne ayant œuvré ou œuvrant au sein d’une revue québécoise. Le prix pour 2015 a été décerné à Yves Beauregard, directeur de la revue Cap-aux-Diamants.

Historien de métier, grand collectionneur, homme de culture, Yves Beauregard entretient des relations fructueuses avec une foule d’intervenants rattachés à des universités, à des sociétés d’histoire, de généalogie, à des associations diverses et à des administrations gouvernementales dans les champs de la culture et du patrimoine. C’est par ce vaste réseau de relations et par son travail dévoué qu’il a contribué, au cours des 30 dernières années, au rayonnement de Cap-aux-Diamants, en dirigeant la production de 86 numéros réguliers de la revue fondée à Québec, en plus de trouver du temps pour publier des ouvrages, siéger au sein de nombreux conseils d’administration et militer en faveur des revues membres de la SODEP, en tant que président de l’association durant plusieurs mandats.

Au nom des membres du comité de rédaction de la revue, des employés et des collaborateurs, je désire féliciter Yves Beauregard pour cet honneur très mérité. La passion qui l’anime est une source de motivation pour tous ceux et celles qui le côtoient. Le milieu de la culture a besoin de personnes de sa trempe!

Des belles d’autrefois : les voitures hippomobiles de la donation Paul Bienvenu

r-9-b-Image numérisée 9_webAprès une sélection réalisée parmi les 213 voitures hippomobiles offertes en donation par M. Paul Bienvenu, le Musée de la civilisation présente, depuis le 15 février dernier, 18 de ces témoins d’une époque révolue dans l’exposition Tirées par les chevaux! La collection de voitures hippomobiles Paul-Bienvenu jusqu’au 17 janvier 2016.

Dans son allocution lors de l’inauguration de l’exposition, le directeur général des Musées de la civilisation, M. Michel Côté, a rendu hommage au donateur en ces termes : « Grâce à la rigueur et à la vigilance de Paul Bienvenu, nous restituons aujourd’hui à la collectivité québécoise, un véritable trésor. Pendant plus de 50 ans, il s’est passionné pour le sujet avec une détermination sans faille, faisant de cette collection une référence indéniable tant sur le plan historique en matière de réalités sociales et économiques que sur le plan de l’évolution des techniques et du design de fabrication ».

Pour sa part, M. Paul Bienvenu s’est dit extrêmement heureux de voir quelques-unes de ses plus belles pièces être présentées au public. « Je connais chacune de ces voitures et je vous jure qu’elles ont toutes une histoire exceptionnelle à raconter. C’est ce que l’on découvre dans l’exposition sans parler de la publication qui est une merveille. J’ai fait le bon choix en faisant don de ma collection aux Musées de la civilisation. Elle ne sera pas dispersée, on en prendra soin comme je l’ai fait pendant des années ». M. Bienvenu collectionne les voitures hippomobiles depuis 1962. Ce passionné des chevaux – il est éleveur de chevaux de race canadienne – lègue à la collectivité québécoise un ensemble d’une très grande beauté qui constitue un témoignage précieux sur l’histoire des transports au Québec et sur une industrie qui employait plusieurs milliers de personnes à la fin du XIXe siècle.

Cette collection exceptionnelle a été reconnue comme bien culturel canadien en juin 2014.

La veillée de danse au Répertoire du patrimoine culturel du Québec

r-9-webLa ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, a annoncé le 21 mars dernier la désignation de la veillée de danse en tant qu’élément du patrimoine immatériel, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

« La veillée de danse joue un rôle important dans notre identité culturelle. Par cette désignation, nous reconnaissons la force d’une tradition vivante qui a traversé le temps en conservant son authenticité; un héritage nous rappelant que petits et grands ont toujours aimé danser au rythme de la musique traditionnelle québécoise », a déclaré la ministre David.

La pratique collective de danses de figures était déjà un mode de divertissement en Nouvelle-France. Au fil des siècles, la veillée est demeurée un lieu d’expression artistique, un espace de socialisation et un temps d’amusement en groupe. Marquée d’emprunts et de métissages culturels, la veillée de danse se renouvelle tout en conservant ses fonctions d’origine.

La veillée de danse est un rassemblement festif basé sur la pratique collective de danses, principalement le set carré, la contredanse et le quadrille. Elle est habituellement menée par un calleur qui indique aux danseurs les figures à exécuter. La veillée est un divertissement qui relève à la fois du domaine des expressions artistiques et de celui des pratiques sociales. Elle est participative : danseurs expérimentés et néophytes se regroupent dans un esprit communautaire et une ambiance amicale.

Aujourd’hui à travers le Québec, le milieu associatif assume l’organisation, la tenue et la promotion de veillées de danse, participant ainsi à la sauvegarde de ce patrimoine vivant. L’énergie et le savoir-faire exceptionnel des calleurs et des musiciens invitent les femmes et les hommes, qui ont en commun l’envie de danser, à se rassembler dans la convivialité.

 

Jacques Saint-Pierre

 

Nouvelles – #121 – printemps 2015

Prix Gérard-Morisset à l’historien Jacques Mathieu

r-9-1-jacques-mathieuL’historien Jacques Mathieu est le lauréat pour 2014 du prestigieux prix Gérard-Morisset des Prix du Québec. Professeur émérite de l’Université Laval, cet infatigable chercheur, qui a dirigé le Centre d’études sur les lettres, les arts et les traditions populaires des francophones en Amérique du Nord (CÉLAT), s’est distingué par la qualité de son enseignement, le caractère novateur de ses publications et son intérêt pour la pluridisciplinarité. Spécialiste de l’histoire de la Nouvelle-France, il a ensuite élargi ses préoccupations à d’autres champs de recherche, comme les lieux de mémoire, l’histoire environnementale, la mémoire collective.

Parmi ses réalisations, il faut souligner sa contribution à l’exposition phare du Musée de la civilisation intitulée Mémoires. Au moment où il dirigeait le CÉLAT, Jacques Mathieu s’est vu confier la délicate responsabilité de la recherche visant à définir les paramètres de l’exposition inaugurale du musée québécois, qui a ouvert ses portes en 1988. Fruit d’une vaste collaboration entre les milieux de la recherche, cette exposition remarquable, qui a été présentée durant quinze ans, a été vue par quelque huit millions de visiteurs.

Jacques Mathieu a reçu de nombreux prix au cours de sa brillante carrière, qui a débuté en 1966 aux Archives nationales du Québec pour se poursuivre ensuite à l’Université Laval, à compter de 1970. Après avoir consacré 40 ans de sa vie à la formation d’étudiants et à l’avancement des connaissances, l’historien reste très actif. Il se passionne actuellement pour l’apothicaire Louis Hébert et sa famille, dont on soulignera, en 2017, le 400e anniversaire de l’installation à Québec.

 

Prix Georges-Émile-Lapalme à l’éditeur Denis Vaugeois

r-9-2-denis-vaugeoisLe prix Georges-Émile-Lapalme est la plus haute distinction accordée à une personnalité québécoise ayant contribué de façon exceptionnelle à la qualité et au rayonnement de la langue française parlée ou écrite au Québec. Cet honneur échoit cette année à l’historien, éditeur et homme politique Denis Vaugeois, pour une vie consacrée au livre.

Lecteur insatiable dans sa jeunesse, Denis Vaugeois fait partie de l’équipe qui lance, dans les années 1960, Le Boréal Express, journal à saveur historique qui aborde aussi des sujets contemporains. La publication connaît un vif succès et une maison d’édition est créée dans sa foulée. C’est Denis Vaugeois qui en est le directeur. Après un passage en politique, marqué par sa nomination comme ministre des Affaires culturelles, en 1978, il revient à ses premières amours en fondant les Éditions du Septentrion. Au ministère des Affaires culturelles, son nom reste attaché au plan de développement des bibliothèques publiques –  qui fait passer leur nombre de 129, en 1979, à 849, en 1985 –, à la « loi du livre » et à l’organisation de la Société québécoise de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Denis Vaugeois a été associé à la publication d’au-delà d’un millier de livres au Boréal Express, au Septentrion – plus de 700 titres à ce jour –, mais également au Centre éducatif et culturel, de 1985 à 1987, et aux Presses de l’Université Laval, dont il a dirigé la réorganisation de 1996 à 1998. En tant qu’historien, il a signé également de nombreux ouvrages, qui témoignent à la fois d’une grande érudition et d’une préoccupation pour la vulgarisation toujours appuyée sur une recherche rigoureuse.

« Recevoir le prix Georges-Émile-Lapalme m’émeut au plus haut point, confie-t-il. Les mémoires de cet exceptionnel homme politique m’ont grandement inspiré. Leur lecture est un pur délice en même temps qu’un coup de fouet pour affirmer le rôle unique de la culture dans le développement d’une société, surtout si son devenir est une lutte quotidienne. »

 

Plans de conservation des sites patrimoniaux

La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, a annoncé le 15 décembre dernier qu’elle confiait au Conseil du patrimoine culturel du Québec le mandat de tenir une consultation publique sur le projet de plan de conservation du site patrimonial de l’Île-d’Orléans.

« Cet exercice de consultation est de la plus grande importance, puisqu’il concerne l’avenir d’un site constituant le berceau de notre histoire et de notre mémoire collective. Comme société soucieuse de son héritage, nous avons le devoir de mener une démarche marquée par l’ouverture, la transparence et la participation citoyenne. Je suis convaincue qu’au terme de ces échanges, nous obtiendrons un plan axé sur l’essentiel : transmettre aux générations futures un patrimoine exceptionnel, qui reflète la richesse de l’identité québécoise », a fait savoir Mme David.

Jusqu’à maintenant, le Conseil du patrimoine culturel a tenu des consultations publiques sur les sites patrimoniaux de Sillery, Trois-Rivières, Charlesbourg et Beauport. Les sites patrimoniaux sont les anciens arrondissements historiques, dont les plus anciens ont été décrétés il y a maintenant un demi-siècle.

 

Jacques Saint-Pierre

Nouvelles – #120 – hiver 2014

par Jacques Saint-Pierre

Retraite de Mario Béland

r-9-_120 Le conservateur de l’art ancien du Québec au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), Mario Béland, tire sa révérence après une carrière de 30 ans, une quarantaine d’expositions, une douzaine de livres et des centaines d’articles. L’historien de l’art diplômé de l’Université Laval a fait ses premières armes dans cette institution comme adjoint au conservateur de la prestigieuse exposition Le Grand Héritage organisée à l’occasion de la visite du pape Jean-Paul II, en 1984. Il est ensuite devenu conservateur de l’art ancien du Québec, donc le gardien de la précieuse collection d’œuvres accumulées depuis 1920 par le musée.

« C’est un lieu commun de dire que c’est un privilège de travailler au musée, écrit-il en annonçant son départ. J’ajouterais que, pour ma part, ce fut un double privilège, c’est-à-dire être rémunéré pour assouvir et faire s’épanouir ma passion pour l’art ancien du Québec. En voulant donner le meilleur de moi-même, j’espère que j’aurai fait honneur à notre grande institution nationale et que j’aurai été à la hauteur de cette noble profession de conservateur de musée. »

Passionné d’art ancien, Mario Béland a contribué par les recherches menées en vue de la préparation de ses expositions à l’enrichissement des connaissances en histoire de l’art québécois. Il s’est aussi révélé un excellent vulgarisateur. Les lecteurs de Cap-aux-Diamants en savent quelque chose, puisqu’il a été un collaborateur de la première heure. En effet, Mario Béland est titulaire d’une rubrique dans la revue depuis 1987. De plus, au fil des ans, il a rédigé six articles importants sur des sujet divers.

Nous sommes très heureux de vous annoncer que Mario Béland Béland, nouveau retraité du MNBAQ, continuera de nous faire bénéficier de son érudition dans les prochains numéros.

 

Nouvelles – #119 – automne 2014

par Jacques Saint-Pierre

150e anniversaire de la Conférence de Québec

119.r9a Parcs Canada commémore cette année le 150e anniversaire de la Conférence de Québec ainsi que le bicentenaire de la naissance de George-Étienne Cartier. À titre de gardien du lieu historique national du Parc-Montmorency, où s’est tenue la Conférence de Québec en 1864, Parcs Canada a conçu une programmation estivale spéciale dédiée aux groupes scolaires, aux familles et aux visiteurs du Vieux- Québec. Des conférences se tiendront également au début de septembre et d’octobre au lieu historique national de Sir-George-Étienne-Cartier.

Du 16 au 18 octobre 2014 se tiendra, par ailleurs, à l’auditorium Roland-Arpin du Musée de la civilisation, un colloque sous le thème « La Conférence de Québec, 1864 – 150 ans plus tard ». L’activité est organisée par la Faculté de droit de l’Université Laval et le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales de l’Université du Québec à Montréal, en collaboration avec le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec

Cinq nouvelles publications sur la paroisse Notre-Dame de Québec

COUV-Coffret-EXT.indd Dans le cadre des festivités marquant le 350e anniversaire de la paroisse Notre-Dame de Québec, on a procédé le 10 juin dernier au lancement public de cinq publications à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Réalisés par une équipe de spécialistes sous la direction de l’historien Jean-Marie Lebel, ces livres constituent une somme de connaissances sur l’histoire de la première paroisse en Amérique au nord des colonies espagnoles. L’énoncé des titres révèle à lui seul la variété des sujets couverts :

La paroisse Notre-Dame de Québec. Ses curés et leurs époques par Jean-Marie Lebel;

L’église pionnière de Québec. Origines et fondateurs (1615-1664) par Georges Gauthier Larouche;

L’inspirante basilique-cathédrale. L’architecture de Notre-Dame de Québec par Denyse Légaré;

Joyeuse lumière. Les vitraux de Notre-Dame de Québec par Jean-Claude Filteau et Daniel Abel;

L’église Notre-Dame-des-Victoires. Un monument historique sur la place Royale à Québec par Paul Labrecque.

Ces ouvrages, disponibles en coffret, sont publiés aux éditions du Septentrion grâce à une contribution de la Commission de la capitale nationale du Québec. Dans le cadre de son mandat de mise en valeur des lieux et de l’espace public de Québec, la Commission publie ou appuie la publication d’ouvrages sur la ville.

La basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, monument historique du Canada

119.r9cAprès la désignation, le 5 décembre 2013, de la fondation de la paroisse Notre-Dame de Québec comme événement historique par le ministre de la Culture et des Communications du Québec, la basilique-cathédrale a été désigné comme lieu historique national du Canada. On a procédé, le 3 mai 2014, au dévoilement d’une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada commémorant l’importance historique nationale du bâtiment patrimonial et sa valeur architecturale. Une cérémonie spéciale a été organisée à cette occasion à Québec, en présence de représentants de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et du diocèse de Québec.

Bâtie en 1647 sous le Régime français, l’église devient en 1664 la toute première église paroissiale de la colonie de la Nouvelle-France. Elle est érigée ensuite en cathédrale puis agrandie par François de Laval, premier évêque de Québec, en 1674. La cathédrale actuelle est le résultat de nombreuses reconstructions dont la plus récente, en 1922, a permis de redonner à l’édifice l’apparence qu’il avait au milieu du XIXe siècle. Plusieurs architectes de renom contribuèrent aux plans de l’extérieur et de l’intérieur du bâtiment dont les membres de la célèbre famille Baillairgé.

Nouvelles – #118 – été 2014

par Jacques Saint-Pierre

Le chant de gorge inuit désigné élément du patrimoine immatériel

nouv-118-3 Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, et la ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche, ont annoncé, le 28 janvier dernier, la désignation du katajjaniq, ou pratique du chant de gorge inuit, en tant qu’élément du patrimoine immatériel, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Il s’agit du premier élément du patrimoine immatériel à être désigné depuis l’entrée en vigueur de la Loi.

« Nous procédons aujourd’hui à la première désignation d’un élément du patrimoine immatériel, celle du kataj-janiq. Cette tradition inuite est encore bien vivante aujourd’hui. En désignant le chant de gorge, nous souhaitons aussi rendre hommage à toute la nation inuite et à sa culture unique et immémoriale », a déclaré le ministre Kotto.

De son côté, Charlie Arngak, président de l’Institut culturel Avataq, s’est dit honoré du fait que le chant de gorge soit le premier élément désigné du patrimoine immatériel du Québec et considère l’événement comme un pas vers l’inclusion des peuples autochtones dans la définition de l’identité québécoise.

Le chant de gorge est un jeu traditionnel pratiqué dans l’ensemble des quatorze communautés inuites du Québec. Cette pratique ludique témoigne d’une longue tradition orale des femmes du Nunavik. De génération en génération, elles se sont transmis des connaissances sur la nature et l’environnement et des savoir-faire techniques associés aux chants de gorge. Pour le Nunavik, cette pratique traditionnelle constitue une composante de son patrimoine culturel et a une valeur hautement symbolique. Des informations sur le katajjaniq sont disponibles sur le site du Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ), à l’adresse suivante :

www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca.

 

Le Mérite du français à l’application « Découvrir Québec »

nouv-118-2 Laurier Turgeon, professeur en ethnologie au département des sciences historiques de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, et son équipe, ont remporté le prix Mérite du français dans les technologies de l’information de l’Office de la langue française pour leur application mobile « Découvrir Québec ». Ce prix a été remis le 20 mars 2014 au gala qui s’est tenu à Montréal.

Lancée en septembre 2013, l’application « Découvrir Québec » présente 96 lieux d’intérêt dans les quartiers historiques du Vieux-Québec et de Saint-Roch. Elle s’adresse autant aux touristes qu’à la population locale et aux étudiants. Réalisé pour la Ville de Québec, en collaboration avec la firme Idéeclic, le projet a été financé dans le cadre de l’Entente de développement culturel entre la Ville de Québec et le MCCQ.

C’est la deuxième récompense obtenue par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique en trois ans
dans le cadre de ce concours. En 2012, c’est l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française qui avait été primée dans la catégorie meilleur site Web.

 

Doctorat honoris causa à William Moss

nouv-118-1 Archéologue principal de la Ville de Québec depuis 1985, William Moss s’est vu remettre, le 8 janvier dernier, le diplôme et les insignes de docteur honoris causa par le recteur de l’Université Laval, Denis Brière. Cet honneur vient couronner une carrière consacrée à la connaissance et à la mise en valeur du patrimoine archéologique de la Ville de Québec.

Depuis le début des fouilles à Place-Royale, à la fin des années 1960, Québec s’est imposée comme un haut lieu de l’archéologie au pays, à la fois pour l’intérêt des vestiges mis au jour et la gestion qui a été faite de ce patrimoine unique en Amérique du Nord. Avec des partenaires comme le ministère de la Culture et des Communications, Parcs Canada et l’Université Laval, l’archéologue William Moss et son équipe ont été au cœur de cette évolution. Qu’il suffise de mentionner qu’ils ont participé à plus de 200 articles publiés dans des revues savantes.

Par ses actions et leur diffusion auprès de divers publics, par l’affirmation de ses convictions sur la fonction de l’archéologie, William Moss a permis à cette science d’être reconnue comme un outil de développement économique dans la Ville de Québec tout en assurant une protection et une mise en valeur exemplaires de son histoire et de son patrimoine.

 

Nouvelles – #117 – printemps 2014

par Jacques Saint-Pierre

Le dernier voyage récompensé par la Société des musées du Québec

ph_03 Lors du récent colloque de la Société des musées du Québec, le Site historique maritime de la Pointe-au-Père et la firme Idées au Cube ont remporté le prix « Audiovisuel et multimédia Télé-Québec » pour la production Le dernier voyage, spectacle multimédia qui présente l’histoire de l’Empress of Ireland.

Le jury a été séduit par la qualité du projet, mené avec intelligence et sensibilité, et par la réussite des propositions muséographiques. Cette exposition constitue un exemple d’innovation et de rigueur, unissant l’expertise interne d’un musée et celle d’une firme québécoise reconnue pour sa créativité. Les membres du jury ont grandement apprécié les qualités technologiques du projet et le fait qu’elles soient toujours mises au service des contenus.

L’archéologie de Québec se déploie sur le Web

Photo_12.tifC’est dans le cadre du 47e colloque en archéologie de la Society for Historical Archaeology, tenu au Centre des congrès de Québec le 11 janvier dernier, que la Ville de Québec et le ministère de la Culture et des Communications ont procédé au lancement d’une nouvelle section consacrée exclusivement à l’archéologie sur le site Internet de la Ville. Plusieurs mois ont été nécessaires pour bâtir cette nouvelle section Web, qui se veut un outil de vulgarisation de la somme des connaissances issues des fouilles réalisées au cours des 30 dernières années. Appelée à se développer, cette section présentera des actualités, des événements et les nouvelles découvertes archéologiques qui seront faites au fil du temps.

« Je me réjouis du lancement de cet outil qui regroupe les précieux et uniques trésors du passé découverts sur les lieux de notre capitale nationale. Les citoyennes et les citoyens de Québec et du Québec auront ainsi un accès direct et facile à cette richesse collective, à ce patrimoine d’exception, et pourront vivre le même émerveillement que celui vécu par les archéologues lors de la mise au jour de ces vestiges de l’histoire de notre nation », a déclaré Maka Kotto, ministre de la Culture et des Communications.

« Avant d’être regroupées dans cette section Web, nous ne pouvions soupçonner l’ampleur des découvertes archéologiques faites à Québec, a déclaré pour sa part Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif responsable de la culture, du patrimoine et de l’aménagement du territoire. Je suis particulièrement impressionnée par l’effort de vulgarisation accompli pour rendre tout ce contenu accessible au plus grand nombre. Du citoyen au chercheur, tout le monde y trouve son compte! »

Avec ses 120 pages de contenu, la section Web présente virtuellement 21 sites archéologiques d’importance. Six thématiques permettent d’aborder chacun des sites sous différents angles afin de comprendre et d’imaginer ce qui se passait à toutes les époques d’occupation de ceux-ci. Une abondante collection de plus de 500 photos anciennes et récentes, des plans, des animations 3D, plusieurs centaines de photos d’artéfacts, une animation sur la déglaciation de la région de Québec ainsi qu’une ligne du temps accompagnent les données archéologiques afin d’en faciliter la compréhension pour les visiteurs.

On peut consulter la section Web à l’adresse suivante : ville.quebec.qc.ca/archeologie.

 

Des livres de l’ancienne bibliothèque du parlement du Canada-Uni

Restes calcinés de plusieurs volumes. Photo: Alain Vandal.

Restes calcinés de plusieurs volumes. Photo: Alain Vandal.

La découverte de quelque 35 fragments calcinés de livres constitue le fait saillant de la campagne de fouilles réalisée à l’été 2013 par la firme Ethnoscop sur le site du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni dans le Vieux-Montréal. L’annonce de cette découverte a été faite le 1er novembre dernier à l’occasion du lancement de la campagne majeure de financement de la Fondation Pointe-à-Callière pour soutenir le Musée et le projet de la Cité d’archéologie et d’histoire de Montréal.

Très fragiles, les précieux artéfacts ont été vite envoyés à l’Institut canadien de conservation, à Ottawa, pour évaluer les possibilités de les restaurer à des fins de mise en valeur. Selon Louise Pothier, responsable du chantier, la mise au jour de documents en papier dans une fouille archéologique est exceptionnelle. Les amas noircis de pages imprimées ont été préservés de l’action destructrice des bactéries par la couche de carbone recouvrant les documents.

Le premier Parlement permanent du Canada-Uni (Québec et Ontario) a siégé à Montréal de 1844 à 1849, dans l’édifice du Marché Sainte-Anne. En 1849, une émeute déclenchée par la sanction royale accordée à la Loi pour l’indemnisation des victimes des Rébellions de 1837-1838 aboutit à l’incendie du bâtiment. Le Parlement siégera par la suite en alternance à Toronto et à Québec, avant de s’installer définitivement à Ottawa en 1857.

 

Nouvelles – #116 – hiver 2014

par Jacques Saint-Pierre

Une base de données des soldats de la guerre de Sept Ans

R-10-116 Les amateurs de généalogie et d’histoire militaire disposent désormais d’un nouvel outil. La Commission des champs de bataille nationaux a publié sur son site Web une base de données des soldats des armées française et anglaise de la guerre de Sept Ans au Canada. Celle-ci recense les militaires des deux armées présents à Québec en 1759 et 1760, soit 4 079 Français et 7 279 Britanniques. Les soldats français appartiennent aux troupes de Terre, aux troupes de la Marine et à la Marine. Pour ce qui est des forces britanniques, la base de données ne contient, pour l’instant, que les membres des régiments d’infanterie, mais les soldats de la Royal Navy seront intégrés ultérieurement.

En ce qui concerne la milice canadienne, aucun document militaire officiel ne permet d’identifier clairement ses effectifs. Toutefois, grâce à certaines recherches historiques et généalogiques, il est possible de retrouver quelques-uns de ses combattants. Les éléments biographiques les concernant seront mis en ligne éventuellement.

Le parc des Navigateurs à Saint-Joseph-de-la-Rive

parc_des_navigateurs_mus_e_maritime_charlevoix-5hvs9 En collaboration avec le Jardin botanique de Montréal – Un espace pour la vie, et l’Université Laval, le Musée maritime de Charlevoix a annoncé, le 28 août dernier, la mise en place du parc des Navigateurs à Saint-Joseph-de-la-Rive. Divisé en cinq phases de développement, le projet s’échelonnera jusqu’en 2017, totalisant un investissement de 2,6 millions de dollars.

Ce nouvel espace aménagé à proximité du musée couvrira une superficie de 8,2 hectares. Il permettra de découvrir toute l’histoire du lieu dédié à la flore indigène du Saint-Laurent et aux espèces d’arbres servant à construire les goélettes. Le sentier sera, entre autres, agrémenté de sculptures thématisées, de pavillons et d’une forêt de pins. Différents équipements d’hébertisme seront également installés. Ce futur parc des Navigateurs offrira un attrait historique et culturel de choix pour les familles et les visiteurs et enrichira l’offre touristique en illustrant tout le savoir-faire des artistes et des artisans qui ont façonné cette région.

Agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec

r-10-a-AOU_0296 Le coup d’envoi de la construction du futur pavillon Pierre-Lassonde a été donné le 5 septembre dernier en présence de la première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, et de plusieurs dignitaires. Le projet, qui est le fruit d’un premier concours international d’architecture à Québec, constitue aussi le plus grand chantier dans le secteur culturel au Québec. C’est également un projet exemplaire de mécénat culturel dans la capitale.

Le projet d’agrandissement du musée, qui donnera à l’établissement une façade sur la Grande Allée, est financé par un partenariat entre le gouvernement du Canada (33,7 millions de dollars dans le cadre du volet Grands Projets du Fonds Chantiers Canada), le gouvernement du Québec (45,1 millions de dollars dans le cadre du Plan québécois des infrastructures) et le secteur privé (24,6 millions de dollars). La Fondation du Musée a bénéficié d’un don très important de 10 millions de dollars de M. Pierre Lassonde ainsi que d’une contribution de la Ville de Québec de 5 millions de dollars.

« C’est aujourd’hui un grand jour parce que mon beau rêve de 2001 prend forme et parce que ce rêve est plus que jamais partagé par tous ceux et celles à qui appartient le Musée national des beaux-arts du Québec », a déclaré M. John R. Porter, président du conseil d’administration de la Fondation et initiateur du projet.

« Le nouveau pavillon Pierre-Lassonde sera sans conteste un repère dans une société où la culture est à la fois un élément d’épanouissement personnel, un facteur d’excellence collectif et une marque de l’identité de la nation québécoise », a mentionné, pour sa part, la première ministre, Mme Pauline Marois. Elle en a profité pour saluer la contribution des philanthropes à la mise en œuvre du projet.

La construction du nouveau pavillon se poursuivra jusqu’en 2015. Pendant toute la durée des travaux, le public aura la possibilité de suivre en direct (www.plusdespacepourlart.ca) la progression grâce à une caméra de chantier retransmettant des images en temps réel. Le Musée sera ouvert et accessible pendant toute la durée des travaux.

Sœur Madeleine Juneau, lauréate du prix Gérard-Morissette 2013

2013-10-29-10-26-13-Madeleine Juneau prix M. Maka Kotto, ministre de la Culture et des Communications du Québec, a annoncé que Madame Juneau, directrice générale de la Maison Saint-Gabriel, est la lauréate 2013 du prestigieuxprix Gérard-Morisset 2013. Ce prix est la plus haute distinction accordée à une personne pour l’ensemble d’une carrière consacrée au patrimoine. Il est l’un des treize Prix du Québec décernés annuellement par le gouvernement du Québec en reconnaissance d’une carrière remarquable dans les domaines scientifique et culturel. Ces prix seront remis aux lauréats lors d’une cérémonie à l’Assemblée nationale qui aura lieu le 12 novembre 2013.

 

Nouvelles – #115 – automne 2013

par Jacques Saint-Pierre

Le Monastère des Augustines : nourrir le cœur et l’esprit

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De gauche à droite; Evan Price, Isabelle Duchesneau et Me Bernard Cliche de la Fondation Virginia Parker qui vient appuyer pour cinq ans la Fondation du patrimoine culturel des Augustines.

La Fiducie du patrimoine culturel des Augustines dévoilait, le 5 juin dernier, le concept et l’approche proposée du projet Le Monastère des Augustines, ainsi que des détails sur ce qu’on y offrira, lorsque le lieu deviendra accessible au public au printemps 2015.

« Visiter Le Monastère des Augustines sera une occasion unique de s’approprier ou se réapproprier notre histoire et notre culture, dans un environnement dédié au mieux-être de la population d’aujourd’hui et dans le respect des valeurs véhiculées par les Augustines », a souligné Bernard Cliche, président de la Fiducie.

Isabelle Duchesneau, directrice générale du Monastère des Augustines, a pour sa part précisé : « La thématique de la santé globale fait référence à plusieurs dimensions de l’être humain, dont les volets physique, psychologique, social et spirituel. Se préoccuper de sa santé globale contribue à atteindre un bien-être, non seulement sur le plan physique, mais par la recherche de l’équilibre dans toutes les sphères de sa vie. »

Les anciennes « cellules » du monastère seront reconverties en 64 chambres qui offriront au visiteur deux choix : loger dans un espace au caractère authentique préservé, ou encore, dans un environnement contemporain et épuré. Différents types de visites et de séjours personnalisés seront proposés.

Les activités culturelles et éducatives viendront enrichir le volet « santé » et assureront un dialogue cohérent entre l’histoire et le présent. Le musée et le centre d’archives présenteront l’évolution de la santé depuis la Nouvelle-France à travers le récit des Augustines et le patrimoine de leurs douze monastères-hôpitaux.

Des services complémentaires s’ajouteront : une boutique, un restaurant qui offrira une cuisine saine et de qualité, l’accès à une douzaine de salles dont le chœur des religieuses, des voûtes et un réfectoire anciens qui permettront la tenue de rencontres et d’évènements.

Présent à la conférence de presse, M. Evan Price, représentant de la Fondation Virginia Parker, est venu souligner sa double implication dans le projet, à titre de président du conseil d’administration de la Fiducie et de mécène. La Fondation Virginia Parker, dont il est directeur, s’est en effet engagée à verser une somme de 500 000 $ sur cinq ans à la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. Elle devient ainsi le premier donateur privé, après les Augustines elles-mêmes, à soutenir le projet.

Le Musée des civilisations fête le 400e du périple de Champlain sur la rivière des Outaouais

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Représentation de Samuel de Champlain par le peintre Théophile Hamel, en 1870. Ce dernier s’est inspiré d’une gravure de Ducornet de 1856. représentant Michel Particelli d’Emery par Balthasar Moncornet. Il n’existe aucun portrait authentique de Champlain. (Wikipédia)

Le 4 juin 1613, l’explorateur Samuel de Champlain arrivait dans la région où se dressent aujourd’hui les villes d’Ottawa et de Gatineau. Passant devant le site qui abrite désormais le Musée canadien des civilisations, il s’y est sans doute arrêté pour parcourir le portage qui contourne les chutes de la Chaudière.

Créée pour souligner le 400e anniversaire de ce périple, l’exposition « Champlain, le premier témoignage », est présentée du 29 mai 2013 au 27 avril 2014. Elle est axée sur les Autochtones qui ont habité la région bien avant l’arrivée des Français, sur le périple de l’explorateur et sur les répercussions de sa venue sur les Premières Nations. On pourra y voir une cinquantaine d’artefacts, dont certains datent de 5 000 ans et d’autres de la période historique, tel le fameux astrolabe qui aurait appartenu au fondateur de la Nouvelle-France.

Pour l’occasion, les Archives départementales de la Charente-Maritime, en France, ont prêté au Musée ce qu’on croit être l’authentique acte de baptême de Champlain.

L’acte de baptême de Samuel de Champlain

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Registre pastoral du temple Saint-Yon de La Rochelle (baptêmes, mariages), 1573-1575. Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle.

Jean-Marie Germe, généalogiste du Poitou, en France, pense avoir résolu le mystère entourant les origines de Samuel de Champlain. Ces vingt dernières années, il s’est affairé à réunir des indices. L’un d’eux concernait l’oncle de Champlain, le corsaire William Allaine, qui avait légué deux maisons à son neveu Samuel : l’une à Brouage et l’autre dans la ville avoisinante de La Rochelle, où les parents de Champlain ont finalement élu domicile.

Le lien avec La Rochelle allait mener M. Germe à une découverte étonnante. En consultant les archives en ligne du registre pastoral de l’ancien temple protestant (calviniste) Saint-Yon, à La Rochelle, il est tombé sur un document dans lequel il a reconnu les noms d’Antoine Chapeleau et Marguerite Le Roy. Le document en question était l’acte de baptême de leur fils Samuel, en date du 13 août 1574.

M. Germe savait que dans le contrat de mariage de Champlain, rédigé en 1610, ses parents étaient désignés sous les noms d’Anthoine de Champlain et de Marguerite Le Roy. Il savait aussi que le père de Samuel de Champlain signait souvent « Chappelain ».

La similitude entre les noms des parents sur l’acte de baptême et le contrat de mariage de Champlain établissent avec une quasi-certitude que le document est authentique et concerne le fondateur de Québec.

Tout en éclaircissant le mystère de l’année de naissance de Champlain, le document corrobore également ce que les historiens soupçonnaient depuis des années sans pouvoir le prouver, à savoir que Champlain était né dans une famille protestante. Le prénom « Samuel », tiré de l’Ancien Testament et populaire chez les protestants, avait toujours suggéré cette possibilité. Il existait désormais une preuve concrète

Nouvelles – #114 – été 2013

par Jacques Saint-Pierre

La Maison-des-Marins de Pointe-à-Callière

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La Maison-des-Marins. Photo: Caroline Bergeron (Pointe-à-Callière).

Pointe-à-Callière, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, a inauguré le 6 mars dernier, le cinquième pavillon du Musée, la Maison-des-Marins. L’inauguration s’est déroulée en présence de la première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, du ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto et du maire de Montréal, M. Michael Applebaum.

« Avec l’inauguration de la Maison-des-Marins, Pointe-à-Callière fait un pas de plus vers la création de la Cité d’archéologie et d’histoire de Montréal. Ce complexe muséal et touristique de classe mondiale mettra en valeur une dizaine de lieux significatifs de l’histoire de la métropole, du Québec et du Canada », explique le président du conseil d’administration de la Société du Musée, M. Jacques Parisien.

Pointe-à-Callière a reçu l’appui du ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal qui ont respectivement alloué des montants de 20 M$ pour la réhabilitation de la Maison-des-Marins et de 2,2 M$ pour la réalisation du lien souterrain avec le Musée et les chantiers de fouilles archéologiques tenues sur la place d’Youville. La Fondation Pointe-à-Callière a également contribué financièrement à l’acquisition de la Maison-des-Marins et à l’aménagement de l’Espace 360 degrés Montréal, le pavillon de verre situé sur le toit du bâtiment.

La Maison-des-Marins est un tout nouvel équipement culturel à Montréal dans lequel de nombreuses salles multifonctionnelles parmi les mieux équipées permettront la présentation de grandes expositions et d’activités culturelles de premier plan. Le pavillon abrite aussi l’Atelier Archéo-aventure, un lieu de fouilles simulées pour les jeunes; la Boutique du Musée; les espaces de la Fondation Pointe-à-Callière; des espaces administratifs, et des salles pour tous genres d’événements publics et privés, dont l’Espace 360 degrés Montréal.

La réhabilitation de la Maison-des-Marins a été réalisée par Dan S. Hanganu et Provencher Roy + Associés Architectes dans un esprit de continuité avec l’Éperon, pavillon principal du Musée, et d’harmonisation avec le quartier historique.

Pour les 25 ans du Musée de la civilisation : Paris en scène. 1889-1914

114-r10.2 L’exposition Paris en scène. 1889-1914 tiendra l’affiche, du 19 juin 2013 au 23 février 2014 au Musée de la civilisation à Québec. Une invitation à découvrir comment Paris est devenue la capitale culturelle de l’Europe à la Belle Époque à travers ses principales incarnations, ses hauts lieux, ses instants marquants et ses acteurs. Un merveilleux voyage dans le temps et l’espace dans une ambiance enveloppante et un décor évocateur de cette période effervescente. Paris en scène. 1889-1914 est une production du Musée de la civilisation, sous la direction artistique de Jeannot Painchaud du Cirque Éloize.

L’exposition se déploie autour d’une grande artère évoquant les grands boulevards. Cet espace regorge d’informations relatives à la Ville lumière. De part et d’autre, des lieux plus ou moins clos correspondent aux thèmes abordés : Les Halles de Paris, Cirque et fête foraine, Cinéma, Cafés-concerts et music-hall, Parcs et jardins, Théâtre, Salons d’artistes parisiens, Atelier de l’artiste Antoine Bourdelle, Le Pavillon de l’Alma, Expositions universelles. Chaque thème correspond à un lieu qui a sa propre ambiance et fait vivre au visiteur une expérience.

L’exposition Paris en scène. 1889-1914 est l’une des manifestations majeures qui marquent le 25e anniversaire du Musée de la civilisation, inauguré en 1988. Le Musée démontre ainsi les liens privilégiés qui l’unissent depuis toujours à la France et avec les grands musées parisiens. Une variété d’activités culturelles sera présentée tout au long de l’année. Un parcours sur support iPod est proposé à la jeune clientèle et une publication de prestige, éditée en collaboration avec le Beaux Arts magazine, immortalisera l’événement.

Legs du patrimoine des Augustines à la population du Québec

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De gauche à droite : M. Maka Kotto, ministre de la Culture et des Communications; M. Régis Labeaume, maire de la Ville de Québec; S. Hélène Marquis, A.M.J., supérieure générale de la Fédération des Augustines; Mme Pauline Marois, première ministre du Québec; S. Lise Tanguay, A.M.J., supérieure du monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec; Me Bernard Cliche, président de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines; M. Steven Blaney, ministre des Anciens Combattants et député de Lévis-Bellechasse; absente de la photo : Mme Agnès Maltais, ministre du Travail, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ministre responsable de la Condition féminine et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Photo : Louise Leblanc.

La première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, le ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto, et la ministre du Travail, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ministre responsable de la Condition féminine et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale et de la région de la Chaudière-Appalaches, Mme Agnès Maltais, ont pris part le 14 février dernier à la cérémonie marquant la prise de responsabilité du patrimoine des Augustines du Québec par la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de représentantes des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec et des autres monastères du Québec.

« Le geste symbolique posé aujourd’hui par les Augustines officialise le transfert, vers une fiducie d’utilité sociale qu’elles ont créée, d’un héritage exceptionnel. Au nom de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, je tiens à remercier cette communauté de femmes admirables pour ce don inestimable, pour tout ce qu’elles ont fait pour nous et ce qu’elles continuent d’accomplir encore aujourd’hui dans leurs divers lieux d’engagement. Ce qui est remis à la collectivité par les Augustines représente un héritage d’une envergure incomparable dans l’histoire de notre patrimoine », a déclaré la première ministre.

Pour assurer la pérennité du rattachement de leur patrimoine à ses origines, les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec cèdent leurs terrains et leurs bâtiments à une fiducie d’utilité sociale, soit la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. Cette dernière administrera l’héritage culturel de la communauté et le rendra accessible au public. Aussi, les douze monastères confieront leurs collections et leurs archives à cette fiducie pour en assurer la conservation et la mise en valeur.

Rappelons que les gouvernements ont appuyé financièrement la réalisation de ce projet. Le coût total est évalué à 36 M$, et le gouvernement du Québec a versé 15 M$ pour la mise sur pied de ce complexe novateur, alors que la contribution de la Ville de Québec est de 6 M$. Pour sa part, le gouvernement fédéral a alloué 15 M$ pour la réalisation du volet muséologique, entre autres.

Nouvelles – #113 – printemps 2013

par Jacques Saint-Pierre

Le Café Québecor du Musée

 C’est le nom que portera le futur café du Musée national des beaux-arts du Québec situé dans le nouveau pavillon Pierre-Lassonde qui verra le jour en 2015. L’annonce en a été faite le 13 décembre dernier. La contribution exceptionnelle de 1,5 million de dollars de l’entreprise Québecor à la campagne de financement de la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec vient s’ajouter à d’autres engagements du milieu des affaires qui représentent plus de 70 % de l’objectif fixé de 32,6 millions de dollars.

« L’agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec est un projet visionnaire et porteur pour l’ensemble des Québécois, et nous sommes particulièrement fiers d’y être associés », a déclaré M. Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor. Le président de la Fondation et commissaire du projet d’agrandissement du Musée, M. John R. Porter, et le président du conseil d’administration du MNBAQ et coprésident de la campagne de financement, M. Pierre Lassonde, ont souligné l’engagement de Québecor dans la promotion de la culture.

Mme Line Ouellet, directrice générale du Musée, a salué quant à elle cet important geste philanthropique en ces termes : « Je me réjouis à l’idée de savoir que le Café Québecor du Musée deviendra un lieu incontournable pour la jeunesse, un haut lieu des amateurs de culture ainsi qu’un élément moteur du futur quartier des beaux-arts. »

Paul-André Linteau, lauréat du prix Léon-Gérin

 Le ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto, et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, M. Pierre Duchesne, ont dévoilé le 29 octobre dernier les noms des treize gagnants des Prix du Québec 2012.

Le prix Léon-Gérin – sciences humaines et sociales – a été décerné au professeur Paul-André Linteau. Historien à l’Université du Québec à Montréal, Paul-André Linteau a formé une relève de haut niveau dans le champ des études historiques. Sa production intellectuelle est également considérable : une trentaine de livres et plus de 80 articles scientifiques publiés, auxquels s’ajoutent une centaine de communications. Le professeur Linteau n’a eu de cesse d’approfondir ses analyses sur la ville et les conditions de développement de l’espace urbain, les processus d’aménagement du territoire et les populations qui l’habitent. Sans oublier son grand intérêt pour la riche et complexe histoire du Québec, d’après la Confédération de 1867. La notoriété de Paul-André Linteau dépasse aujourd’hui largement les frontières québécoises. Outre les liens étroits qu’il a tissés au fil des ans par des ouvrages collectifs, il a contribué à jeter des ponts entre le Québec et de nombreux pays sur presque tous les continents. Il a mené des projets d’études comparées avec des collègues en Inde, au Japon, en Italie, en France, en Espagne, en Belgique et aux États-Unis.

Mise en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel

La Loi sur le patrimoine culturel, qui avait été adoptée le 19 octobre 2011, est entrée en vigueur le 19 octobre 2012. Elle remplace la Loi sur les biens culturels de 1972, au terme d’un processus, incluant des périodes de consultation de la population, amorcé en 2008.

Cette loi marque une nouvelle étape dans l’histoire de la protection du patrimoine culturel par l’État. Elle témoigne de l’élargissement de la notion de patrimoine au fil des années et inclut désormais les paysages culturels patrimoniaux, le patrimoine immatériel, ainsi que les personnages, les événements et les lieux historiques. Elle tient compte également du rôle croissant que jouent les municipalités dans la protection et la mise en valeur du patrimoine, en leur donnant davantage de pouvoirs. Elle confie en outre des pouvoirs aux communautés autochtones, notamment pour l’attribution de statuts légaux aux éléments du patrimoine culturel qui leur sont chers.

Le passage de la Loi sur les biens culturels à la Loi sur le patrimoine culturel a entraîné de nombreux changements, notamment dans la terminologie utilisée pour désigner les catégories et les statuts légaux, dans les mesures de contrôle associées aux différents statuts légaux et dans les sanctions prévues pour les contrevenants.

La Commission des biens culturels est devenue le Conseil du patrimoine culturel, qui est toujours formé de douze membres nommés par le gouvernement du Québec. De nouvelles fonctions lui ont été confiées, dont la tenue de consultations publiques pour les projets de déclaration d’un site patrimonial par le gouvernement et la réalisation d’un état de situation quinquennal sur les transferts de responsabilité aux municipalités.

Nouvelles – #112 – hiver 2012

par Jacques Saint-Pierre

Le Musée canadien des civilisations acquiert la collection de l’Empress of Ireland

 La plus grande catastrophe maritime survenue au Canada fera bientôt l’objet d’une exposition au Musée canadien des civilisations. En effet, le musée d’histoire national s’est porté acquéreur de la plus vaste collection d’artefacts et d’archives associée au naufrage du RMS Empress of Ireland et prévoit la mise sur pied d’une exposition qui coïncidera avec le 100e anniversaire de cette tragédie maritime, en 2014. L’épave, qui gît au fond du Saint-Laurent, au large de Rimouski a récemment été désignée lieu historique national.

« Le naufrage de l’Empress of Ireland représente pour le Canada une tragédie de l’ampleur de celle du Titanic », a déclaré Mark O’Neill, président-directeur général de la Société du Musée canadien des civilisations. Alors que la plupart des Canadiens connaissent l’histoire du Titanic, très peu d’entre eux ont entendu parler de l’Empress, surtout parce que cette catastrophe a été éclipsée par le déclenchement de la Première Guerre mondiale, à peine deux mois plus tard.

La collection de l’Empress of Ireland comprend plus de 400 objets, dont la cloche de brume du navire, un compas et d’autres instruments et appareils de navigation, ainsi que des hublots, des meubles de la salle à manger, des luminaires, de la vaisselle, des ustensiles et divers objets personnels tels qu’une montre de poche en argent et un carton à chapeaux. Font également partie de la collection : deux maquettes du transatlantique et plusieurs documents d’archives comme des photos historiques, des journaux et des documents personnels, y compris le journal d’une survivante de huit ans qui raconte son émouvant sauvetage.

Le Musée canadien des civilisations a acquis les artefacts d’un collectionneur privé, Philippe Beaudry, pour un montant d’argent et un dégrèvement d’impôt sur les dons. La collection, qui est évaluée à plus de 3 millions de dollars, a été désignée « d’intérêt exceptionnel et d’importance nationale » par la Commission canadienne d’examen des exportations de biens culturels. L’acquisition a été financée en partie avec l’aide d’une subvention de 425 000 $ du Programme de biens culturels mobiliers accordée par le ministère du Patrimoine canadien dans le cadre de la Loi sur l’exportation et l’importation de biens culturels.

Un Musée canadien de l’histoire pour 2017

 L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, a annoncé l’intention du gouvernement Harper de présenter une loi en vue de créer le Musée canadien de l’histoire, la première d’une série de mesures visant à souligner le 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017.

Pour ce faire, le gouvernement Harper entend présenter des modifications à la Loi sur les musées en vue de changer le nom et le mandat du Musée canadien des civilisations. Le ministre Moore en a fait l’annonce au Musée canadien des civilisations, en présence du conseil d’administration du Musée, de membres du personnel du Musée, d’éminents historiens canadiens et de membres d’associations d’histoire des quatre coins du pays.

« Cette année marque le début du compte à rebours de cinq ans avant le 150e anniversaire du Canada en 2017. Il s’agit d’une occasion unique de célébrer notre histoire et les grandes réalisations qui ont permis de nous définir en tant que Canadiens, a déclaré le ministre Moore. Les Canadiens méritent d’avoir un musée national de l’histoire qui relate notre passé et présente les trésors de notre pays au monde entier. »

La moitié des aires d’exposition permanente seront rénovées, ce qui permettra de créer la plus grande et la plus complète exposition muséale jamais présentée sur l’histoire du Canada. Une nouvelle salle permanente, vaste de 50 000 pieds carrés, abritera les trésors nationaux du Canada ainsi que diverses expositions qui préserveront de manière exhaustive et chronologique les souvenirs et les expériences de la population canadienne. Cette salle comprendra en outre une nouvelle aire d’exposition permanente réservée aux expositions d’autres musées canadiens, qui viendront parachever notre récit national. Elle complétera la Grande Galerie et la salle des Premiers Peuples, qui présentent l’histoire des Autochtones du Canada et soulignent leurs nombreuses contributions actuelles.

Hommage à la relève en histoire de l’art : Anne-Élisabeth Vallée reçoit le prix John-R.-Porter

La Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a dévoilé le 25 octobre dernier le nom de la lauréate du tout premier prix John-R.-Porter. Il s’agit de Mme Anne-Élisabeth Vallée, docteure en histoire de l’art, pour son essai intitulé Napoléon Bourassa et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, paru aux éditions Leméac en 2010. Créé afin d’encourager la relève en histoire de l’art du Québec et d’en reconnaître les mérites, ce prix répond également à l’un des objectifs du MNBAQ, soit d’accorder une importance toute particulière au développement et à la diffusion de la recherche en histoire de l’art du Québec, des origines à nos jours. L’octroi du prix vise à couronner un essai original – publié dans les cinq années suivant l’obtention d’un diplôme de 2e ou de 3e cycle en histoire de l’art – qui traite de sujets ayant trait à la peinture, la sculpture, les arts graphiques, les arts décoratifs et le design, la photographie, les installations, les techniques mixtes ou le vidéo/film, sans oublier l’univers de l’art inuit.

Décerné sur une base biennale, le prix John-R.-Porter est accompagné d’une bourse de 10 000 $ financée par M. Pierre Lassonde, président du conseil d’administration du MNBAQ et grand mécène. C’est d’ailleurs lors d’une soirée soulignant le départ de M. Porter comme directeur général du MNBAQ (1993-2008) que M. Lassonde a annoncé son intention de créer un prix à son nom afin de rendre hommage à l’important développement de l’institution sous son directorat. Pour la seconde édition du prix, la période prise en compte sera du 1er juillet 2012 au 30 juin 2014.

Le livre Les Premiers Juifs d’Amérique de Denis Vaugeois récompensé par la Société historique de Montréal

 Le prix Percy-William-Foy, décerné depuis 1990 par la Société historique de Montréal, a été remis cette année à Denis Vaugeois, pour son livre, Les Premiers Juifs d’Amérique, 1760-1860, qui relate la passionnante histoire de la famille Hart. La cérémonie a eu lieu le 17 octobre dernier à l’hôtel de ville de Montréal. Cette distinction s’ajoute à plusieurs autres reçues par l’historien et éditeur de Québec durant sa carrière.

Denis Vaugeois a signé diverses études portant principalement sur la présence française en Amérique, sur les Amérindiens et les Juifs. Il a été un des principaux artisans du journal historique Boréal Express et du livre Canada-Québec, manuel scolaire qui a connu une très large diffusion. Sa bibliographie comprend plusieurs ouvrages parmi lesquels on retrouve La Fin des alliances franco-indiennes et L’Indien généreux au Boréal. America, Champlain, la naissance de l’Amérique française et Les Premiers Juifs d’Amérique 1760-1860 sont, quant à eux, parus chez Septentrion. La Mesure d’un continent, coécrit avec Raymonde Litalien et Jean-François Palomino, a remporté les prix Hercule Catenacci et Marcel-Couture en 2008.

1916 : la presse au cœur des communautés

Le Musée de l’imprimerie du Québec procédait le 12 octobre dernier au lancement de sa dernière publication intitulée 1916 : la presse au cœur des communautés à l’Université de Montréal. Ce quatrième volume publié par le Musée fait suite au séminaire du 14 octobre 2011 et retrace la période 1910 à 1945 qui voit éclore une multitude de périodiques. La presse devient un espace rassembleur pour les communautés regroupées autour d’intérêts professionnels, artistiques, religieux ou idéologiques. Marquée par deux guerres, des années folles et une dépression économique, la période à l’étude est fertile en rebondissements. Malgré l’apparition de nouveaux médias comme la radio et le cinéma, la presse demeure une boussole essentielle pour une population en mal de points de repère. En pleine guerre, ce pouvoir de la parole devient une lourde responsabilité pour les journalistes qui sont soumis aux règles de la censure.

Nouvelles – #109 – printemps 2012

par Jacques Saint-Pierre

Le Titanic rencontre l’Empress of Ireland à Pointe-au-Père

 L’année 2012 marque le centième anniversaire du naufrage du Titanic. Le film de James Cameron consacré à la tragédie survenue au large de Terre-Neuve a ravivé le mythe entourant la fin du célèbre paquebot de la Cunard. Depuis ce temps, les visiteurs du centre d’exposition du Site historique maritime de Pointe-au-Père, où l’on peut voir des artéfacts récupérés de l’épave de l’Empress of Ireland coulé en 1914, ne manquent pas de poser des questions et de faire le rapprochement entre les deux événements. C’est de là qu’est née l’idée de présenter une exposition comparant les deux naufrages.

Dans un scénario digne d’Hollywood, c’est par le biais d’un personnage, William Clark, qui a survécu aux deux tragédies, que la triste fin des deux géants des mers sera évoquée. Pelleteur de charbon de métier, le marin irlandais était de quart au moment où le Titanic et l’Empress ont heurté, le premier un iceberg et le second un cargo.

Ces deux tragédies ont évidemment ébranlé William Clark. Il dira en les comparant : « le Titanic a coulé lentement, comme un bébé qui s’endort alors que l’Empress a sombré comme un cochon qui se roule dans la boue. Le pire a été le Titanic, cette longue attente angoissante où on se demandait si on allait s’en sortir. Sur l’Empress, tout s’est passé si vite qu’on ne se posait pas de question, il y avait des choses à faire et on les faisait. » Un comédien (Albéric Gallant) personnifiera William Clark, à Pointe-au-Père, pendant la saison 2012.

 Les phares du Saint-Laurent : un patrimoine à découvrir

Le Québec compte quelque 43 phares traditionnels, dont la très grande majorité se dresse le long du littoral ou sur l’une des îles du Québec maritime. Fiers témoins de l’histoire, une vingtaine de ces phares connaissent aujourd’hui une seconde vie grâce à l’intervention de passionnés qui ont transformé ces véritables sentinelles de la mer ou leurs dépendances en musée, en auberge ou en chalet. La Corporation des gestionnaires de phares du Saint-Laurent publie un bulletin très intéressant (Bulletin des Amis des phares) qui fourmille d’informations historiques sur ce patrimoine menacé. On peut consulter l’ensemble des bulletins publiés depuis 2005 sur le site Internet de la Corporation à l’adresse suivante : www.routedesphares.qc.ca.

Contribution de quatre collectivités historiques du Canada reconnue

L’honorable Peter Kent, ministre canadien de l’Environnement et ministre responsable de Parcs Canada, a annoncé le 17 janvier dernier la désignation d’importance historique nationale de quatre collectivités historiques au Canada.

Les nouvelles désignations visent à reconnaître :

Le rôle de l’architecture dans l’évolution de Westmount, au Québec, l’un des quartiers emblématiques du Canada;

La fondation de la première auberge de jeunesse en Amérique du Nord, à Bragg Creek (Alberta);

Le cimetière Cataraqui à Kingston (Ontario), dernière demeure de chefs de file politiques, économiques et sociaux distingués, dont sir John A. MacDonald;

Les conséquences des tragiques déportations des Acadiens de l’Île Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard), en 1758.

Établie en 1919, et appuyée par Parcs Canada, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le ministre de l’Environnement quant à l’importance historique nationale des lieux, des personnes et des événements. Parcs Canada gère un réseau pancanadien de lieux historiques nationaux qui, ensemble, composent une mosaïque illustrant la richesse du patrimoine culturel canadien et permettent aux visiteurs de faire des découvertes authentiques et inspirantes.

La Grande Faucheuse; épidémies, remèdes et deuil!

 L’Association québécoise des Amis du patrimoine (AQAP) a annoncé, le 12 janvier dernier, que le docteur Alain Poirier, sous-ministre et directeur national de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et enfant de Victoriaville, avait accepté la présidence d’honneur de la prochaine exposition annuelle proposée, à l’été 2012, à la Maison d’école du rang Cinq-Chicots.

Sous le titre La Grande Faucheuse; épidémies, remèdes et deuil!, l’exposition veut évoquer les grandes épidémies qui ont marqué l’histoire du Québec, telle l’épidémie de grippe espagnole de 1918, et les ravages causées par les maladies infectieuses comme la tuberculose. On veut rappeler que les médicaments pour les traiter n’étaient pas toujours disponibles et que parfois, la seule issue, c’était la mort!

L’AQAP lance un appel à tous afin de recueillir des objets qui évoqueront des souvenirs d’épidémies passées et de remèdes d’autrefois : photos, sirops, affiches, remèdes, quarantaines, vêtements de deuil, matériel de thanatologues, etc. Tous ces objets seront traités avec respect et remis à leur propriétaire à la fin de l’exposition à l’automne 2012. On peut communiquer avec l’AQAP par courriel (aqap@videotron.ca) ou par téléphone (819 752-4729).

Nouvelles – #108 – hiver 2011

par Jacques Saint-Pierre

Jean Provencher, lauréat du prix Gérard-Morisset 

Le prix Gérard-Morisset, qui récompense un Québécois ayant apporté une contribution importante dans le domaine du patrimoine, est décerné cette année à l’historien, auteur, conférencier et communicateur Jean Provencher. Historien par excellence de la vie quotidienne, le lauréat est depuis toujours engagé dans la diffusion et la vulgarisation de l’histoire et du patrimoine. À ces fins, il ne néglige aucune tribune, qu’il s’agisse des manifestations à caractère municipal, des périodiques culturels, des revues spécialisées, des radios communautaires ou de la télévision d’État. Il est un conférencier et un animateur recherché notamment en raison de son verbe coloré. Travailleur autonome depuis plus de 30 ans, il a publié plusieurs ouvrages sur divers sujets avec le souci constant de rejoindre un public très large. Il est l’un de ceux qui ont fait sortir l’histoire de l’Université sans faire de compromis sur la rigueur scientifique de ses recherches. Son livre Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent (Boréal, 1988) lui a valu de nombreux prix. Nouvelles technologies de l’information obligent, Jean Provencher a maintenant son blogue où se rejoignent tous ses centres d’intérêt, l’histoire, la nature, l’alimentation, l’ornithologie…

 L’enseignement de l’histoire nationale

Fondée en 2009, la Coalition pour l’histoire a été créée dans le but de faire la promotion de l’enseignement de l’histoire à tous les ordres d’enseignement pour permettre aux jeunes d’acquérir une meilleure connaissance de l’histoire du Québec, du Canada et de l’histoire du monde occidental et non occidental. C’est un regroupement d’associations, d’organismes, d’enseignants, de chercheurs et de citoyens qui s’inquiètent de la qualité de la formation dispensée aux jeunes Québécois.

La Fondation Lionel-Groulx, qui fait partie de la Coalition, a commandé une étude dont les résultats ont été dévoilés en conférence de presse récemment. Menée par l’historien Éric Bédard, avec la collaboration de Myriam D’Arcy, l’étude précise que les futurs enseignants qui donnent le cours « Histoire et éducation à la citoyenneté » de secondaire 3 et 4 reçoivent une formation limitée sur le Québec. Ainsi, le diplômé en enseignement secondaire de l’Université du Québec à Montréal reçoit seulement quatre cours en histoire du Québec; celui de l’Université de Laval, trois; celui de l’Université de Sherbrooke, deux; celui de l’Université de Montréal, de trois à sept. Axés sur la pédagogie et la didactique, les programmes de baccalauréat en enseignement secondaire instaurés en 1994 contreviennent, selon les auteurs, à l’esprit du rapport Parent.

« Dans l’offre de cours d’histoire aussi bien que dans la formation des maîtres et dans la recherche, les universités québécoises n’assument pas pleinement leur responsabilité à l’égard de notre histoire nationale » a, pour sa part, déclaré M. Claude Béland, président de la Fondation.

Pour remédier à la situation, la Coalition pour l’histoire recommande notamment « que le programme de formation pour le futur enseignant du secondaire soit sérieusement rehaussé au niveau disciplinaire ». Quant au futur enseignant au collégial, il devrait détenir une maîtrise.

(http://www.coalitionhistoire.org)

 L’ÉCONOMUSÉE® de la poterie à Mont-Saint-Hilaire

Le réseau ÉCONOMUSÉE® compte un nouvel établissement en Montérégie, voué à la poterie, qui a été inauguré le 11 octobre dernier. Ne faites pas l’autruche, un nom pour le moins original, est situé dans une région qui s’enorgueillit d’une longue tradition de maîtres potiers.

Dans un ÉCONOMUSÉE®, la vedette est d’abord l’artisan à l’œuvre, marque de commerce d’un réseau qui regroupe des gens passionnées pour leur métier. En suivant un parcours aménagé par des professionnels dans le respect des principes de l’économuséologie, les visiteurs sont amenés à entrer au cœur d’une entreprise à caractère artisanal. José Drouin et Marie-Ange Samon créent des pièces utiles et décoratives, aux formes originales ornées de coloris uniques, au moyen de deux techniques : en réduction dans un four à gaz ou avec celle du raku. En plus de voir travailler les artisanes, les visiteurs peuvent obtenir des explications sur la matière, l’histoire et les techniques.

L’ÉCONOMUSÉE® de la poterie s’ajoute à la grappe régionale de la Montérégie qui compte l’ÉCONOMUSÉE® de la porcelaine (Porcelaines Bousquet) et l’ÉCONOMUSÉE® du verre thermoformé (Studio des Verriers du Richelieu).

 

Nouvelles – #107 – automne 2011

par Jacques Saint-Pierre

Doctorat honoris causa à Denis Vaugeois  

À l’occasion de la dernière collation des grades de l’Université Laval, quatre doctorats honoris causa ont été décernés à des personnalités importantes dans diverses disciplines. L’historien Denis Vaugeois, qui a aussi été ministre des Affaires culturelles et des Communications, a ainsi été récompensé pour sa contribution au développement de la société québécoise au cours des 50 dernières années.

Sa carrière d’historien et d’écrivain a été lancée avec la parution du journal Boréal Express. Il a publié ensuite Canada-Québec, synthèse historique, dont le succès ne s’est pas démenti depuis 1968 et Québec 1792 sur les débuts du parlementarisme québécois. L’Indien généreux (1992) et La Fin des alliances franco-indiennes (1995) traitent des premiers occupants du territoire de l’est de l’Amérique du Nord. Puis ce fut America (2002) dans lequel l’auteur pose un regard très personnel sur un des mythes fondateurs de l’histoire des États-Unis, l’expédition de Lewis et Clark. En 2004, en collaboration avec Raymonde Litalien, Denis Vaugeois a dirigé la publication de prestige Champlain. La naissance de l’Amérique française. Après La Mesure d’un continent, un ouvrage sur la cartographie qui a connu un grand succès, il a fait paraître ce qu’il considère comme le livre de sa vie Les Premiers Juifs d’Amérique 1760-1860. L’extraordinaire histoire de la famille Hart.

Denis Vaugeois est un passionné qui a consacré une bonne partie de sa vie à l’histoire comme chercheur et comme éditeur. Cet honneur s’ajoute à plusieurs autres qui ont souligné l’apport de cet homme à la vie culturelle québécoise.

 

Pointe-à-Callière a entamé son important projet culturel au cœur du Vieux-Montréal

Pour répondre à une fréquentation annuelle de plus de 400 000 visiteurs, dont plus de 100 000 jeunes, Pointe-à-Callière doit agrandir ses espaces. Avec la confirmation des appuis financiers reçus par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et la Ville de Montréal, qui ont respectivement fourni des montants de 20 M$ et 2,2 M$, s’amorce un important projet culturel au cœur du Vieux-Montréal, qui permettra de créer un attrait touristique de classe mondiale. La réhabilitation de la Maison-des-Marins est l’un des principaux éléments de la phase 1 du projet d’expansion. Ce bâtiment, situé à proximité du Musée, sera rénové en un espace multifonctionnel en plus d’être relié par un nouveau lien souterrain à la crypte archéologique sous la place Royale. La phase 1 du projet d’expansion du Musée consiste aussi à réaliser des fouilles archéologiques sur la place D’Youville Ouest située entre la rue McGill et la rue Saint-Pierre. Des vestiges exceptionnels s’y trouvent, ceux du marché Sainte-Anne et du parlement du Canada-Uni.

L’ouverture au public de la Maison-des-Marins fera partie des célébrations soulignant le 20e anniversaire de Pointe-à-Callière, en 2012. Une riche programmation d’activités et d’événements sera présentée dont une exceptionnelle exposition internationale sur les Étrusques.

 

Immigrants pour le Canada

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a annoncé le 30 juin dernier le lancement d’une nouvelle version de la base de données en ligne, Immigrants pour le Canada. Afin de commémorer le 200e anniversaire de fondation de la colonie de la Rivière-Rouge ou village de Selkirk, au Manitoba, plus de 4 000 références à des noms de colons trouvées dans le fonds Thomas Douglas, comte de Selkirk (MG 19 E1) ont été ajoutées à la base de données déjà en ligne.